De la nécessité d’un cadre juridique contraignant dans la lutte contre le réchauffement climatique

Samedi 26 décembre 2009

“Rendez-vous crucial pour le climat et l’humanité”, “ultimatum écologique”, les enjeux et attentes autour de la conférence de Copenhague étaient immenses. La conférence de Kyoto qui précéda Copenhague, constitua sans nul doute une avancée majeure dans la lutte contre le réchauffement climatique mais laissa un goût amer à la communauté internationale.

Les Etats-Unis avaient en effet refusé de signer ce protocole qui soumettait ses signataires à une stabilisation des émissions de gaz à effet de serre. Dès lors, le protocole historique voyait sa superbe abimée par l’absence du plus gros pollueur planétaire.

Les Etats, loin de renoncer s’étaient donc donnés rendez vous à Copenhague pour tenter de trouver cette fois-ci un accord international qui satisferait l’humanité toute entière.

Mais, le juriste ne saurait se satisfaire de simples déclarations. Le consensus difficile à atteindre soit il, ne doit pas masquer l’absolue nécessité d’adjoindre à la règle de droit une véritable sanction. L’absence de sanction vidant totalement la force obligatoire de la loi.

Dès lors, nous ne pouvons être que sceptique quand à la teneur des engagements qui seront pris au sommet de Copenhague.

Au-delà des grands principes, il conviendrait d’établir une véritable juridiction internationale afin de venir constater et sanctionner la violation des règles relatives au réchauffement climatique. Ceci n’est selon nous pas un idéal mais une absolue nécessité. Le consensus de Copenhague aurait du conduire en la rédaction d’un véritable traité auquel les Etats n’auraient eu d’autre choix que de s’y soustraire.

Loin d’être utopique, cela nous semblait réaliste. Qui aurait pu croire en la possible création d’une Organisation Mondiale du Commerce?

Il serait donc possible de créer cette institution dotée de son propre mécanisme de règlement des différends. Toutefois, à l’instar de Kyoto, Copenhague ne demeurera certainement qu’une litanie de grands principes: le congrès américain refusant de se voir lié par un possible mécanisme de sanctions.

Kyoto avait débouché sur la signature d’un protocole qui s’il ne sanctionnait pas juridiquement, punissait tout du moins économiquement les Etats contrevenants.

Copenhague pour être un succès véritable se devait donc de dépasser la simple sanction pécuniaire. Un traité avec de véritables sanctions juridiques mais sans mécanisme de sanction juridique demeurait donc le véritable objectif de ce sommet.

La signature d’un tel accord aurait obligé la ratification des parlements nationaux et déboucherait in fine sur un débat dans chaque Etat.

N’était ce pas là également l’objectif de Copenhague? Sensibiliser les populations au réchauffement climatique.

Les Etats n’étaient visiblement pas enclin à un traité dès lors Copenhague aura assis le statut quo en la matière.

Sans pour autant vilipender une telle solution, celle-ci est bien en retrait eu égard aux objectifs premiers affichés.

Un bon accord est avant tout un accord réalisable. Nous pensons qu’à l’issue des 15 jours de discussions, l’accord final aurait du constituer une avancée mais demeurer raisonnable dans ses objectifs.

En effet, Kyoto est restée lettre morte dans la plupart des Etats. Avant de se montrer plus ambitieux, n’était-il pas nécessaire de faire appliquer effectivement le protocole de Kyoto?

En témoigne les résultats catastrophiques de certains Etats. Ainsi, le Canada s’était il engagé à une réduction de 6% de ses émissions pour 2012 ; il atteint déjà +26% en 2007. La Nouvelle Zélande avait un objectif de 0% ; elle est à +22%.

L’engagement se devait réaliste et ne laisser aucun Etat au bord de la route : il ne devait surtout ne pas se focaliser sur les pays développés. Les Etats en voie de développement ayant une marge de manœuvre beaucoup plus restreinte à cause des coups financiers engendrés par la réalisation pleine et effective de la réduction des gaz à effet de serre.

Le transfert de technologie demeurait de fait un élément essentiel du débat.

Un accord était certes requis, il s’avérait nécessaire, mais pas à n’importe quel prix. La quête effrénée d’un consensus a mené à un accord vide de sens. Si la sanction juridique demeurait de l’utopisme, il convenait de ne pas basculer dans l’excès inverse.

L’absence d’un réel accord à l’issu du sommet vient donc “plomber” la dynamique “verte.

Le consensus diplomatique n’est plus suffisant aujourd’hui. Le sommet de deux semaines a finalement débouché sur une promesse des 28 Etats (les plus gros pollueurs planétaires) qu’il ne faut pas que le réchauffement moyen dépasse 2 °C par rapport aux températures préindustrielles (avant 1 800). Mais dénuée de sanction juridique, cet engagement relève plus de la promesse que du réel engagement. Rendez vous est pris pour la 16e conférence qui se tiendra à Mexico, du 29 novembre au 9 décembre 2010. Entre-temps, des retrouvailles intermédiaires sont prévues à Bonn dans six mois où de réelles prises de position sont attendues.

Jonathan Proust

Juriste-doctorant Université Paris I Panthéon Sorbonne

Quel rôle pour l'état ?

Prochain débat Pensez Libre : Où va l’Afrique ?

Samedi 7 novembre 2009

sans-titre1Chères amies, Chers amis,

L’Afrique c’est plus de 30 millions de km2 (soit 20% des terres immergées mondiales), près d’1 milliard d’habitants (soit 15,5% de la population mondiale et bientôt 20%), 53 Etats (sur 193 soit environ 28%) et environ 2000 langues (sur 6000).

Mais l’Afrique ne représente plus maintenant que 1% des exportations mondiales et 1% des investissements étrangers directs dans le monde (au lieu des 5% et 6% respectivement il y a environ 20 ans).

L’Afrique est un continent aussi riche par ses diversités culturelles et géographiques (”les Afriques”) que par ses ressources naturelles (minières, pétrolières etc.) mais, selon certains, c’est aussi et malheureusement “le continent le plus ravagé par les conflits” ethniques (frontières), politiques (gouvernance), sociaux-politiques (pauvreté) ou les guerres civiles (matières premières)”.

L’Afrique nourrit tant d’espoirs mais parfois des déceptions, elle génère tant de convoitises mais aussi quelque fois des rejets, elle est le continent de tant de joie de vivre mais aussi de déséquilibres (éducation, santé, infrastructure).

L’Afrique respectueuse des traditions est un fondement de son équilibre, l’Afrique moderne est en route (bourse, éducation et santé à distance etc.).

Quelle est/sera la place de l’Afrique dans le monde du XXIème siècle ? Quel est ou devrait être le rôle des Etats, organisations sous-régionales ou continentales africains, de la communauté et des organisations internationales mais aussi celui des investisseurs africains et internationaux ?

Tant de questions et de réflexions à partager et de recommandations à suggérer, autour de:

.  Mustapha Niasse, ancien Premier Ministre du Sénégal,

.  Michel Roussin, ancien Ministre de la coopération, Conseiller du Président de Véolia Environnement

Lionel Zinsou, Président de PAI, Conseiller spécial du Président de la République du Bénin

A la prochaine conférence de Pensez Libre :

“Où va l’Afrique? ”


le 18 novembre à 19h30 à l’Hôtel de l’Industrie, 4 place Saint Germain des Prés, Paris 6ème

Nous comptons sur votre présence

Amicalement,

Stéphane Brabant
Olivier Mousson

Inscription obligatoire par mail


Biographie de Moustapha Niasse

Né le 4 novembre 1939 à Keur Madiabel) est un homme politique sénégalais, ancien Premier ministre.

Il poursuit ses études au Lycée Faidherbe de Saint-Louis, puis à l’Université de Dakar et enfin à Paris. Il est également diplômé de l’École nationale d’administration du Sénégal.

Après une carrière dans la haute fonction publique où il aura été Directeur de cabinet du Président Senghor, Moustapha Niasse est nommé Ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Environnement le 15 mars 1978 et Ministre des Affaires étrangères le 19 septembre 1978, puis Premier ministre en avril 1983 pour un mois.

En juin 1993, il redevient Ministre des Affaires étrangères jusqu’en juillet 1998 où il est nommé représentant du Secrétaire général des Nations unies dans les pays des Grands lacs.

En 2000, il est candidat de l’Alliance des forces du progrès (AFP) à l’élection présidentielle. Il arrive en troisième position au premier tour organisé le 27 février 2000 avec 16,8 %. Suite à la victoire d’Abdoulaye Wade, il est nommé Premier Ministre.

Le 12 juin 2002, le Secrétaire général des Nations unies le nomme envoyé spécial pour aider les parties congolaises à parvenir à un accord inclusif sur le partage du pouvoir durant la transition en République démocratique du Congo.

Il a été nommé en 2005, par le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, membre du Haut Conseil pour l’Alliance des Civilisations.

Le 19 décembre 2006, la Coalition Alternative 2007, regroupant 10 partis politiques de l’opposition, a désigné Moustapha Niasse comme candidat pour l’élection présidentielle de 2007.2

Le 25 février 2007, lors du premier tour de l’élection présidentielle (qui voit la réélection du président Wade), il remporte 203 129 voix, soit 5,93 % des suffrages exprimés, selon les résultats définitifs annoncés par le Conseil constitutionnel le 11 mars suivant.

Moustapha Niasse a également créé plusieurs entreprises dont International Trading Oil and Commodities, Surestream Petroleum, et est membre du Conseil d’Administration de la société canadienne MagIndustries.


Biographie de  Michel Roussin

Michel Roussin, né en 1939 à Rabat, au Maroc, est un ancien Ministre de la coopération, conseiller du Président Véolia Environnement, administrateur de Véolia Maroc.

Docteur ès lettres, diplômé de l’école nationale des langues orientales, il est officier d’artillerie de 1960 à 1963, avant de rejoindre la gendarmerie comme officier.

A partir de 1969, il est chargé des relations avec la presse à la Direction de la gendarmerie et de la Justice militaire, au ministère des Armées. Après trois années de service, il est nommé Commandant militaire de l’Hôtel Matignon (1972 - 1976), où il fera la connaissance de  Jacques Chirac.

Détaché en qualité de Sous-Préfet, il est Directeur de cabinet du Préfet d’Indre-et-Loire, puis, du Premier-ministre Jacques Chirac (1976).  Michel Roussin devient Directeur de cabinet  auprès d’Alexandre de Marenches et Pierre Marion, à la Direction Générale des services secrets (SDECE) de 1977 à 1981.

Par la suite, il devient Chargé de mission auprès du Président de la Compagnie générale des eaux (1981), avant de rejoindre Jacques Chirac, alors Maire de Paris, comme Administrateur de la commune de Paris. Directeur de cabinet de Jacques Chirac, premier magistrat de la capitale (1983 - 1986), puis de Chirac, chef du gouvernement (1986 - 1988), à nouveau de Chirac à l’Hôtel de Ville (1989 - 1993).

En 1993, il est élu Député de Paris, mais renonce à son mandat pour entrer dans le gouvernement comme Ministre de la Coopération d’Edouard Balladur (1993 - 1994).

De 1995 à 1999, il est Président de SAE International, groupe de BTP Eiffage.

De 1999 à 2009, il est Vice-Président Afrique du groupe Bolloré, et membre du Conseil Economique et Social.

Depuis 2009, Michel Roussin est Conseiller du Président Véolia Environnement, Administrateur de Véolia Maroc.

Officier de la Légion d’Honneur, Croix de la valeur militaire, Michel Roussin est depuis 1996 Président du Comité Afrique au MEDEF International. Il a été nommé en mai 2004 Conseiller d’Etat en service extraordinaire.


Biographie de Lionel Zinsou

Lionel Zinsou, 54 ans, est  banquier d’affaires franco-béninois, Président du fonds d’investissement PAI Partners.

Diplômé de l’École Normale Supérieure de Paris (1975), agrégé de Sciences économiques, d’Histoire économique et d’Économie du développement, Lionel Zinsou a démarré sa carrière professionnelle comme maître de conférences et professeur d’économie à l’Université de Paris XIII et conseiller du Ministre de l’Industrie puis du Premier Ministre.

A partir de 1986,  il rentre chez Danone où il a occupé plusieurs fonctions, notamment  Directeur du développement, Directeur Général de HP et de Lea & Perrins et membre du Comité Exécutif. .

En 1997, il rejoint la banque Rothschild  et devient Associé Gérant de Rothschild & Cie où il a notamment été en charge du Groupe Biens de Consommation, et responsable de la zone Moyen-Orient et Afrique ainsi que membre du Global Investment Bank Committee.

Depuis 2008, Lionel Zinsou  est chez PAI ( Paribas Affaires Industrielles), dont il est aujourd’hui Président.

Très attaché au continent africain et se définissant comme un “afro-optimiste, Lionel Zinsou est opérateur économique - à travers une entreprise, la CSEB (Compagnie de service des entreprises du Bénin qui est une société de nettoyage industriel, gardiennage, infographie) - et culturel - à travers la Fondation Zinsou, “fondation privée tournée vers la culture et l’action sociale, se consacrant à l’art contemporain africain”.  Lionel Zinsou est également conseiller spécial du Président béninois Yayi Boni.

Membre du comité directeur de l’institut Montaigne, il est également animateur du Club Fraternité, cercle de réflexion de Laurent Fabius, et Président de Cap Afrique, un think thank indépendant dont la mission est d’aider à mieux comprendre le continent africain, de travailler au changement de sa perception trop souvent négative et d’en renforcer l’attractivité.

Quel rôle pour l'état ?

Vous êtes Co fondateur de L’Europe et choisissez à l‘excellence de votre voisin les Etats Unis ou L’exemplarité Européenne à l’Italienne

Samedi 17 octobre 2009

VOUS ETES CO FONDATEUR DE L’EUROPE et CHOISISSEZ A L ‘EXCELLENCE DE VOTRE VOISIN LES ETATS UNIS OU L’EXEMPLARITE EUROPEENNE à l’ITALIENNE

EuropeItalie :
USA/Nucléaire
Le ministre du développement économique italien, Claudio Scajola, a signé, le 1er octobre, un accord de coopération bilatérale avec le secrétaire américain en charge de l’énergie, Steven Chu, afin d’encourager les industries des deux pays à rechercher des opportunités de construction de nouvelles centrales nucléaires. Cet accord porte notamment sur la conception de réacteurs de nouvelle génération, la fourniture de combustibles, le traitement et le stockage des déchets.

http://www.energy.gov/news2009/8086.htm La réf des usa
http://www.governo.it/Notizie/Ministeri/dettaglio.asp?d=50931

Europe dans le monde

L’union se penche enfin sur des questions de liberté

Samedi 17 octobre 2009

L’UNION SE PENCHE ENFIN SUR DES QUESTIONS DE LIBERTE engluée qu’elle est dans son obsession de la concurrence confinant à l’absurde et dans le délire écolo-conservateur.

Procédures pénales transfrontalières : renforcer les droits des personnes inculpées
(Commissions)
Coopération judiciaire - 30-09-2009 - 19:20

Les personnes inculpées dans le cadre de procédures pénales transfrontalières doivent avoir la possibilité de faire appel, de se faire représenter et de bénéficier d’une interprétation, ont indiqué les députés de la Commission des Libertés civiles, mercredi. Ils ont amendé une proposition du Conseil visant à assurer que des personnes ne pourront pas être jugées deux fois pour le même fait dans deux Etats membres. La proposition sera votée en séance plénière jeudi prochain.

La proposition du Conseil vise à assurer qu’une personne ne pourra être l’objet de procédures parallèles dans plusieurs Etats membres pour les mêmes faits, et ce en organisant des consultations directes de manière à concentrer les procédures dans un seul Etat membre. Les autorités judiciaires seraient ainsi tenues d’échanger certaines informations sur les cas transfrontaliers.

Droits de la personne inculpée

Les amendements de la commission parlementaire visent à renforcer les droits procéduraux : la personne formellement accusée doit avoir la possibilité de faire appel, de se faire représenter et de bénéficier d’une aide juridique, de la traduction ainsi que de l’interprétation.

Les députés souhaitent également interdire les échanges de données relatives aux origines ethniques, aux croyances et à l’orientation sexuelle des individus.

Quelle juridiction ?

L’agence de coopération judiciaire Eurojust devrait être davantage impliquée dans le système proposé, estiment les députés. En outre, alors que le Conseil indique que celui-ci devrait fonctionner sur base de coopération et de consensus entre les Etats Membres, le rapporteur “déplore que ce texte ne prévoie ni de mécanisme pour résoudre réellement des conflits de compétences, ni de critères appropriés pour déterminer quel État membre devrait être compétent”.

Les députés ont adopté le rapport de Renate Weber (ADLE, RO) par 46 voix pour, 4 contre et 2 abstentions.

Président : Juan Fernando LÓPEZ AGUILAR (S-D, ES)

REF. : 20090928IPR61386

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http://www.europarl.europa.eu/news/expert/infopress_page/012-61387-271-09-40-902-20090928IPR61386-28-09-2009-2009-false/default_fr.htm

Europe dans le monde

Une crise révélatrice d’inégalités. Les femmes subissent d’avantage les effet de la crise

Samedi 17 octobre 2009

UNE CRISE REVELATRICE INEGALITES HOMMES FEMMES ELLES SUBISSENT DAVANTANGE LES EFFETS DE LA CRISE
Une coopération UNION/ONU pour tenter de trouver des solutions.

La crise financière touche les femmes différemment que les hommes
(Commissions)
Droits de la femme/Egalité des chances - 30-09-2009 - 19:30

La commission des droits de la femme et de l’égalité des genres du Parlement européen a débattu, le 30 septembre, en présence de la directrice du Bureau du Fonds de développement de l’ONU pour la femme (UNIFEM), Osnat Lubrani, de la différence d’impact de la crise financière sur les hommes et sur les femmes. Mme Lubrani a souligné que les femmes avaient été plus durement touchées, principalement les immigrées et les plus pauvres. Elle a plaidé pour un partenariat solide entre le Parlement européen et l’ONU sur cette question afin d’aboutir à des mesures plus performantes, notamment afin de permettre d’améliorer les connaissances des femmes sur les questions financières.

Comment inciter les femmes à améliorer leur connaissance des questions financières, créer de nouveaux marchés du travail moins divisés entre femmes et hommes ainsi qu’encourager les filles à choisir des emplois techniques, autant de questions qui ont intéressé les députés. De bons exemples et des solutions peuvent être trouvés en Europe, a souligné Mme Lubrani. Un partenariat solide entre l’ONU et l’UE conduirait à une meilleure performance et à plus d’efficacité, selon elle. La présidente de la Commission parlementaire, Eva-Britt Svensson (GUE / NGL, SE), a souligné que la crise est un défi porteur de changements. Toutefois, elle a regretté que l’économie en revienne à traiter des affaires courantes. Des exigences réalistes de changement doivent être mises en avant, a-t-elle insisté.

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http://www.europarl.europa.eu/news/expert/infopress_page/014-61364-271-09-40-902-20090928IPR61363-28-09-2009-2009-false/default_fr.htm

Rôles de l'entreprise, Travail & vie personnelle

Etre entrepreneur en temps de crise

Vendredi 5 juin 2009

Les Rencontres de Pensez Libre

Etre Entrepreneur en temps de crise

Invités Paul Dubrule et Frédéric Bedin

Débat animé par Stéphane Brabant et Olivier Mousson

Hôtel de l’Industrie Saint-Germain-des-Prés, mercredi 4 mars 2009

Les Rencontres de Pensez Libre ont lieu tous les mois à Paris, dans un lieu riche d’histoire, l’Hôtel de l’Industrie, où siège depuis 1801 la première association de France, la Société d’Encouragement à l’Industrie, créée par Bonaparte dont l’objet était l’encouragement de l’industrie.

Depuis cette date, le Cercle de l’Industrie sis Place Saint-Germain des prés dans l’Hôtel du même nom a été le haut lieu des dépôts de brevets, d’exposition de machines ou encore d’attribution de financements industriels et scientifiques. Aujourd’hui encore, la Société d’Encouragement récompense des chefs d’entreprise dont la contribution à l’industrie de notre pays au sens du XXIe est incontestable. Nos deux invités de ce jour ont d’ailleurs été lauréats voici plusieurs années de la Société d’Encouragement.

Présentation des Invités

Paul Dubrule, Président Fondateur du Groupe Accor

A la veille de 1968, Paul Dubrule ouvre son premier hôtel : 1 client le premier soir, 0 le second soir, 2 le troisième… puis les tourments de 68. Pas de chance. Aujourd’hui, Accor a ouvert plus de 4000 hôtels dans le monde et emploie plus de 135000 salariés. De cette expérience, une philosophie : ce n’est pas parce que l’on traverse des événements difficiles qu’il ne faut pas persévérer !

Frédéric Bedin, Président Directeur Général Public Système, Président de Croissance +

Déjà étudiant à Dauphine, Frédéric organisait des événements pour étudiants. Aujourd’hui à la tête de Public Système, 5egroupe mondial en Communication et événementiel, il reste extrêmement optimiste quant au rôle d’Entrepreneur en temps de crise. Etre entrepreneur, c’est être libre, libre de faire des choix, de s’adapter, d’aller à contre-courant, d’avancer selon l’air du temps !

Introduction

Nul aujourd’hui ne peut rester indifférent à la préoccupation majeure des Français : la crise. Il nous parait évident que les entrepreneurs sont au cœur des solutions à cette crise.

L’objectif de cette table ronde est, au travers des témoignages et de l’expérience de nos invités et de l’assistance, composée à plus de 50 % de chefs ou créateurs d’entreprises, de comprendre en quoi les fondamentaux de l’Entreprise peuvent constituer une clé incontournable à la sortie de crise.

Dans un contexte où l’on qualifie volontiers l’entreprise comme « moteur », « modernisateur » de notre société, et où elle doit faire face aux délocalisations, à une financiarisation et une judiciarisation à outrance, va-t-on du fait de cette crise retourner à des valeurs traditionnelles de l’entreprise et de l’entrepreneur ?

Entreprendre en temps de crise :

Est-ce raisonnable ?

Paul Dubrule :

La période faste pour la création d’entreprise, c’est bien en temps de crise… Pour ceux qui souhaitent aujourd’hui monter leur entreprise, une multitude d’opportunités existent : en effet, les crises sont des périodes fastes pour la  création d’activité, et des périodes particulièrement difficiles pour les entreprises existantes.

Il semble nécessaire de faire le tri dans les valeurs traditionnelles. Voici encore moins d’un an, on pouvait monter un hôtel sans fonds propres avec 100% de financement, c’était criminel de la part des banquiers. Lorsque les premiers hôtels de ce qui devint le Groupe Accord ont été construits, 50% maximum de l’investissement étaient financés.

C’est ainsi que la crise a dévoilé l’existence d’entrepreneurs qui n’avaient pas de répondant financier.

Une bonne approche peut être de «  faire le dos rond » en période difficile et de « mettre de côté » en période plus réjouissante.

Mais quelles opportunités ?

Paul Dubrule :

Est convaincu que le créateur en herbe ne doit pas avoir d’idée préconçue, ne pas suivre l’air du temps, être en total décalage, prendre le contrepieds des idées reçues, du consensus et… de ce que disent les banquiers !

De bons gages de réussite : pas de tabous, de la lucidité, de l’énergie et un peu de chance. L’atout majeur de la jeunesse est que si l’on fait des erreurs, on peut se relever rapidement.

Les fondamentaux d’une entreprise qui dure : une décision convenable et beaucoup de travail.

Frédéric Bedin

Pas besoin d’être jeune pour entreprendre,  la jeunesse est dans la tête ! De toutes façons, les coups que prend l’entrepreneur sont surtout psychologiques…

Une bonne entreprise part d’un besoin et d’une idée - exemple Emmaüs, formidable initiative qui aurait pu déboucher sur…Ebay !

La crise : une opportunité pour se recentrer sur les priorités de l’Entreprise.

Frédéric Bedin

Souligne avec insistance que la période de crise permet de mettre en exergue la nécessité absolue de se préoccuper des besoins des gens. L’Entrepreneur part du besoin d’un consommateur ou des clients potentiels et pilote son activité selon 3 indicateurs essentiels : ses clients, ses collaborateurs et la finance.

Les Clients

Ils sont le bien le plus précieux de l’entreprise ; il faut les rassurer, montrer qu’on est là.

Ils ne sont pas une masse homogène et ne doivent pas être traités comme tels.

Ils peuvent  changer d’avis et de comportement très rapidement, comme on a pu le constater sur les trois derniers mois auprès des acheteurs d’automobiles : on ne projette plus sa personnalité dans sa voiture, qui est de moins en moins un indicateur d’un statut social.

L’évolution du marketing est passionnante ; les cibles traditionnelles se disloquent, les besoins des consommateurs évoluent (par exemple pour l’automobile), et se recrée un « marketing de communautés » par l’événementiel et par le web.

Lorsque le chef d’entreprise prend le temps de se préoccuper du besoin du consommateur, il peut se recentrer sur le vrai sens des choses et recréer des liens affinitaires dans une communauté de consommateurs.

Il peut être nécessaire de créer de multiples communautés pour couvrir un marché et constituer une activité.

Les Collaborateurs :

Ils sont tout aussi affectés par la situation actuelle, mais on a le pouvoir et le devoir de dialoguer directement avec eux et s’il le faut, d’adapter le nombre de salariés à l’entreprise. Il faut le faire avec une grande justice, et surtout pas pour préserver la finance, mais pour préserver le job des autres.

La Finance :

Paradoxalement, beaucoup d’entreprises qui ont assis leur activité n’ont pas de problèmes de prêt ou de financement en ce moment.

Au-delà des considérations économiques et financières, nous traversons une crise du désir, de trop de désirs, de trop de facilités d’accéder à ses désirs. On peut espérer que cette crise redonne du sens à l’étymologie du mot société, lieu où l’on s’organise à plusieurs, pour donner plus de relief à l’importance d’être associés.

Entreprendre : nouveau sens, nouvelles pistes ?

Frédéric Bedin

Oser créer des entreprises aujourd’hui dans des secteurs d’activité qui existent déjà, mais en partant de zéro, est un atout concurrentiel . Cette démarche permet de s’affranchir de la lourdeur des structures et des procédures existantes.

De nombreux services ne sont pas encore pourvus, et de telles ouvertures autorisent à être extrêmement optimiste.

l’Entertainment, cœur du métier du Public Système, fait vivre des milliers de salariés et des états entiers tels que la Californie. Et nul besoin de capitaux pour se lancer !

L’entreprise tient aujourd’hui une place significative dans le monde de la communication, elle a été parmi les premières à avoir mis dans la même société différents métiers apparentés :

· l’événementiel,

· les relations publiques

· le conseil en marketing,

· le développement web

· les médias sociaux etc.

Et  découper son activité en tranches transversales  telles que :

· la culture

· le cinéma

· la musique

· la haute technologie

· l’industrie pharmaceutique.

Cette organisation matricielle s’est complexifiée avec le temps. Public Système investit principalement dans des startups basées sur de nouveaux modes de communications, telles que les média sociaux.

Etre sur internet aujourd’hui, c’est être actif dans les média sociaux, ce n’est plus seulement avoir un site web !

La position tenue depuis plusieurs mois par Croissance Plus montre qu’il existe des solutions de croissance bien réelles :

· les Green Techs,

· les énergies renouvelables,

· le recyclage,

· la valorisation des déchets,

· les entreprises dédiées aux services à la personne… ces dernières  sont aujourd’hui celles qui croissent le plus vite (par exemple le bricolage à  domicile, la santé, l’éducation, la garde d’enfants). C’est ainsi que les crèches privées en création connaissent une bien meilleure croissance que beaucoup de start ups.

Enfin, les industries d’aujourd’hui sont les industries de l’immatériel, il faudrait en créer notamment dans les pays qui nous envoient des travailleurs.

Dans les domaines de l’entertainment et des médias, pas besoin de capital, un papier blanc et des amis sont la base essentielle d’un bon démarrage !

Frédéric Bedin lance un challenge : pour créer aujourd’hui le Public Système de demain, il faut commencer maintenant !

Entreprise et finance

Paul Dubrule :

Affirme clairement, sans la bourse, Accor n’aurait jamais existé.

Quand les dirigeants disaient encore récemment en Conseil d’Administration, qu’ils allaient « rendre l’argent aux actionnaires », soit 2 milliards en 2 ans ainsi « rendus aux actionnaires », on peut être réservé quant à la  méthode, clairement prisonnière d’une logique de répondre à la demande du marché.

Pourquoi ceux qui avaient prévu cette crise n’ont pas été écoutés ? N’est-on pas allé beaucoup trop loin pour protéger l’actionnaire ?

On a pu voir parfois avec quelle facilité on pu être mises en place des règles de gouvernance qui ont permis une totale manipulation de la stratégie financière de l’entreprise.

L’importance est fondamentale d’être à l’écoute des besoins et d’ être professionnel dans son métier. Une spécialisation forte est bénéfique dans les services.

En cette période de crise, inventons aujourd’hui les métiers qui répondrons aux besoins de l’avenir.

Pourquoi ne pas songer à créer par exemple la chambre à moins de 20€, soit la moitié du prix de Formule 1 ? Pour les gens qui voyagent, les familles, les gens qui se séparent…

Paul Dubrule et Frédéric Bedin :

En France, le monde de l’entreprise finance 1,5 fois plus la solidarité nationale que dans les autres pays européens . Cette situation ne peut perdurer, la reprise ne se fera pas sans des réformes majeures, que le gouvernement ne semble pas prêt à faire.

Frédéric Bedin :

Quelles sont les raisons pour lesquelles le document de 75 pages rédigées par les plus grands économistes de Bercy sur la Revue Générale des Prélèvements Obligatoires (RGPO)  a été enterré par le gouvernement aux prémices de la crise. Les conclusions dérangeraient-elles ?

L’adhésion des salariés à l’Entreprise ?

Frédéric Bedin :

Etre entrepreneur, c’est avoir des projets quel que soit le temps qu’il fait.

Ce qui motive les salariés, c’est d’être associés à ces projets. L’entrepreneur doit bien expliquer le projet aux salariés et les laisser faire la part des choses, du temps qu’ils y consacrent et du temps qu’ils consacrent à leurs enfants…

Le salarié doit trouver une forme d’intérêt à la croissance de l’entreprise, bien au-delà des obligations légales.

C’est ainsi que Croissance + persiste à inciter les chefs d’entreprise à donner beaucoup plus qu’un tiers de ses bénéfices aux salariés et ne souscrit pas d’emblée à l’adage actuel du 1/3, 1/3, 1/3.

Paul Dubrule :

Hormis la dimension financière, le chef d’entreprise doit donner toute sa place à la formation permanente. Chacun doit pouvoir faire de la connaissance ce qu’il en décide. Ce qu’un salarié apprend dans l’entreprise, comme chez Accor, il doit pouvoir le valoriser ailleurs,.

Entreprendre en France : projet collectif à la sortie de crise ?

Des solutions de sortie de crise peuvent être ébauchées en associant les réflexions de tous : quelques Thinktanks tels que Croissance Plus, fondé voici 12 ans et rassemblant aujourd’hui 350 entrepreneurs, sont reçus par le gouvernement.

Paul Dubrule :

Est convaincu que la plus value des entreprises se fera de plus en plus sur des activités d’innovation et de services et non plus dans l’industrie traditionnelle aidée à coups d’aides massives et de plans de relance. Donner de l’argent aux constructeurs automobiles est une erreur majeure. La situation est identique pour l’automobile aujourd’hui comme elle l’était pour les charbonnages voici plusieurs décennies. On savait que cela ne durerait pas, cependant les Charbonnages n’avaient rien fait pour reconvertir leur personnel…

Et pourtant, d’autres voies s’ouvrent sur des activités « industrielles » d’un nouveau type : celles du culturel et de l’immatériel par exemple, qui ont vocation à rester dans notre pays car peu délocalisables.

L’industrie n’est pas moribonde, elle doit être réinventée. On peut citer de nombreux exemples réussis d’entreprises industrielles ayant massivement investi dans l’innovation et le recrutement d’ingénieurs qualifiés pour inventer le produit qui permet de faire la vraie différence concurrentielle et l’importance d’initiative d’aides aux créateurs telles que le réseau Entreprendre qui octroie des prêts de 50 à 400K€.

Frédéric Bedin :

Cite l’exemple d’un membre de Croissance Plus qui a repositionné en quelques années les vélos Look en liquidation à Nevers sur le marché confidentiel du très haut de gamme et compte désormais 250 ouvriers sur le territoire. L’anecdote irrésistible, c’est que l’équipe olympique cycliste chinoise se fournit chez Look…

Ose affirmer haut et fort : le créateur d’entreprise est libre ! Et c’est très excitant !

Les Entrepreneurs sont « des gens bien », qui savent prendre des risques et aller de l’avant, peu nombreux sont ceux qui positionnent l’argent au centre de leurs préoccupations. Un grand nombre d’entre eux visent le bien-être et le bien-vivre dans notre société.

Fin

Rôles de l'entreprise

Vers une société durable

Lundi 6 avril 2009

Crise de 2008, crise de siècle

L’automne 2008 a été pour le moins animé sur les Bourses mondiales.

Dans la continuité d’une chute entamée depuis mi-2007, le système financier mondial a connu un éclatement majeur au dernier trimestre 2008. Depuis quelques temps déjà, les prix de l’immobilier, des matières premières et des denrées agricoles atteignaient des sommets, annonciateurs d’une profonde crise de surproduction et de spéculation.

Suite à la crise des crédits hypothécaires, l’éclatement de la dette des ménages américains a eu des répercussion en chaîne dans l’ensemble des pays et des secteurs mondiaux. A tel point que le risque systémique d’effondrement du système financier international a été à plusieurs reprises envisagé.

De la faillite de Lehman Brothers aux prises de contrôle de l’état américain sur les organismes Fannie, Mae et Freddie Mac, en passant par la recapitalisation en masse des banques européennes, le système financier mondial a connu une période de déstabilisation majeure, comparable à la grande crise de 1929.

Récession ? Dépression ?

Chaque économiste, chaque politique, chaque citoyen cherche à définir et comprendre cette crise dont personne ne parvient réellement à cerner les contours ni les responsabilités. Traumatisées par le spectre de la dépression économique des années 1930 et par le terrible conflit mondial qui en est sorti, les économies du monde entier ont toutes lancé des plans de relance publics et privés, afin de soutenir la consommation et l’investissement et tenter d’éviter une spirale déflationniste globale. Plan de relance américain de 800 milliards de dollars, initiatives publiques européennes de 1,5% du PIB, les Etats sont massivement intervenus sur les marchés pour soutenir les banques, les investissements des entreprises et la consommation des ménages.

Au-delà d’une de la nécessaire dynamique de plans de sauvetage à court-terme, une question centrale demeure cependant : qui est responsable ? que doit-on changer ?

Une réponse un peu vague entrée dans le langage courant est du type « tout le monde et personne à la fois ». « Tout le monde » car cette crise est la résultante de l’effondrement d’un système global, prévisible depuis plusieurs décennies, et « personne » parce que personne n’avait intérêt à le remettre en cause.

Au cours de l’année 2008, les cours boursiers mondiaux ont chuté de 50% dans le sillage de l’éclatement simultané des bulles des matières premières, du secteur immobilier et des denrées agricoles.

Cependant, si les mécanismes de la crise de 2008 sont bien ceux d’une crise de surproduction et de spéculation, de surévaluation de la demande et des prix, les causes fondamentales en semblent cependant bien plus profondes.

Les causes de la crise de 2008 semblent en effet se trouver au cœur-même des piliers qui ont construit le capitalisme financier du XXème siècle.

Si le XXème siècle a permis la reconstruction occidentale et des accès réels à une société de confort, la crise financière de 2008 semble confirmer que, depuis quelques décennies, le système économique et politique mondial reposait sur des déséquilibres structurels, qui rendaient cette crise inévitable.

Le XXIème siècle a fait une entrée fracassante dans notre quotidien avec les terribles attentats du 11 septembre 2001 contre les tours du World Trade Center. Ces mêmes attentats ayant été suivis de la guerre en Irak, de l’arrivée de nouvelles puissances sur la scène géopolitique mondiale et de la crise financière de 2008.

Ces signaux mettent en lumière un profond changement d’époque, un changement des équilibres politiques, économiques, écologiques et sociaux. Le XXème siècle a connu une forte dynamique économique et commerciale, basée sur cinq piliers de croissance, mais qui sont aujourd’hui dépassés.

1. La croissance économique du XXème siècle a été fondée sur l’économie du pétrole : elle est aujourd’hui remise en cause par l’épuisement progressif des ressources fossiles et par les dérèglements climatiques causés par l’activité industrielle humaine.

Le Protocole de Kyoto donne depuis 1997 un cadre de coopération internationale dans la lutte contre le changement climatique : afin de limiter l’augmentation de la température terrestre à 2-3 degrés d’ici 2100, le XXIème siècle met en place une dynamique de ressources chères et d’énergies propres. La crise de 2008 révèle une profonde crise de transition énergétique, au sens où elle place les nations du monde entier dans un contexte de pénurie de ressources et de recherche de nouveaux modèles de croissance verte, autour d’une économie décarbonée.

2. Le système géopolitique du XXème siècle a été structuré autour du leadership des Etats-Unis : il semble aujourd’hui en voie d’une recomposition multipolaire, constituée autour de nouvelles lignes de forces, marquées par la montée en puissance des économies émergentes comme le Brésil ou l’Inde, et le retour sur la scène internationale d’acteurs majeurs comme la Chine, la Russie et le Moyen-Orient. Ce nouvel ordre mondial sera source de tensions énergétiques et gépolitiques, mais aussi d’opportunités de coopération dans la lutte contre le changement climatique.

3. L’économie du XXème siècle s’est structurée dans un processus de dérégulation constante, à tel point que les Etats ont été nettement dépossédés de leur pouvoir économique. Le XXIème siècle verra sans doute un retour partiel de politiques économiques publiques plus volontaires, où les Etats du monde occidental comme des pays émergents deviendront de véritables pilotes économiques au travers de partenariats publics et privés.

4. L’économie du XXème s’est construite autour de la notion de maximisation du profit : le système financier mondial s’est bâti autour du postulat que la maximisation des intérêts particuliers des entreprises menait à l’intérêt général. La croissance des inégalités sociales, dans les pays développés, comme dans l’axe Nord-Sud, les pollutions et les dérèglements environnementaux, ont montré que croissance économique et la maximisation seule du profit pouvaient être sources de profonds déséquilibres. Les entreprises du XXIème siècle devront alors concourir à la recherche équilibrée d’intérêts économiques, écologiques et sociaux, dans leur mode de fonctionnement comme dans les produits qu’elles commercialiseront.

5. La société du XXème siècle s’est construite autour de la société de consommation : cependant, les excès d’une société désormais surinvestie par les médias, la publicité et l’argent ont alimenté un sentiment de perte de sens généralisé. Le XXIème siècle se construira alors dans la quête d’une société du bien-être et de formes de spiritualités collectives, alimentées par les associations, les religions, les partis politiques, les femmes, les minorités et le pouvoir citoyen. Dans le monde occidental tout particulièrement, le XXIème siècle verra l’émergence du « citoyen », là où les actes de consommation prendront désormais un véritable sens éthique, écologique et social.

La crise financière de 2008 n’est donc pas qu’une crise de surproduction. Elle est également et surtout une crise de système, car elle remet en question le mode de fonctionnement même de la société moderne. Les excès de la finance mondiale, entraînée par une spirale de déresponsabilités confortables, ont participé à une déshumanisation progressive de l’économie, à tel point que cette dernière a semblé dériver de son objectif initial. A savoir celui de créer de la richesse sociale et de permettre à chacun d’avoir « un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires » (Déclaration Universelle des Droits de l’Homme» (1948).

2009 apparaît alors comme l’année charnière qui fait basculer les citoyens du monde dans une nouvelle époque. Celle d’une société durable.

Société construite autour de la transformation des modes de vie et de la rénovation des relations humaines, dans le cadre d’un projet commun de protection de la planète et de lutte contre le changement climatique.

Version PDF téléchargeable : Vers une société durable

T. MERCIER

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Souriez, vous êtes fiché…

Lundi 16 mars 2009

«Aller et venir librement, anonymement, est l’une des libertés fondamentales dans nos démocraties», clamait la CNIL en août 2007. Aujourd’hui, avec le Pass Navigo, il est surprenant que la RATP conserve, durant 2 jours, afin de détecter une fraude éventuelle, l’ensemble  des informations inhérentes à nos déplacements.

Au delà de cette lutte contre la resquille totalement légitime, se pose la question de nos libertés.  Qui a accès à ces informations confidentielles ? Est-il simplement nécessaire qu’elles existent ?

Petit à petit, morceaux par morceaux, nous perdons notre droit à l’anonymat. Que ce soit volontairement (Facebook) ou de manière insidieuse (pass Navigo).

Hier, un jeune entrepreneur m’a avoué avoir le projet de monter une société internet, pour le compte d’une grosse compagnie d’assurance.

« L’idée est simple…Il s’agit de rassembler sur vous toutes les informations disponibles sur le net. »
Je ne sais pas vous…mais moi, cela m’a fait froid dans le dos…

Quid de notre société dans les 20 prochaines années ?

Votre banquier vas t il accepter de vous ouvrir un compte malgré l’image de flambeur qu’il décèle sur la toile. Votre prime d’assurance voiture est plus chère que votre voisin… Hé oui, vous êtes jeunes et vos soirées arrosées s’étalent sur Facebook.

Vous en êtes à votre trentième démarchage téléphonique aujourd’hui. Logique, des sociétés de profiling ont analysé vos habitudes de consommation…. Est-ce cela que nous souhaitons à brèves échéance…

Citoyen, citoyenne, prenez garde ! Votre anonymat est précieux !

Thierry Rochas

Libertés au quotidien

Le schisme n’est pas loin !

Lundi 16 mars 2009

torqu2mi2On savait que Benoît XVI était assez « rigide ». On le savait théologien pur et gardien farouche du temple, de la tradition, du dogme par opposition à Jean-Paul II, plus humaniste, plus moderne. Mais tout de même !

Il y a eu tout d’abord une première alerte vis-à-vis de l’Islam. Le 12 septembre 2006, dans son discours à l’Université de Ratisbonne, le pape déplore énergiquement toute violence commise pour des desseins religieux. Son argument est ceci : Dieu est le Verbe, le Logos, la Raison primordiale. Or, la raison s’oppose à la violence et aux passions.

Dans ce discours, il cite notamment l’empereur byzantin du XIVe siècle Manuel II Paléologue : « Montre-moi ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu ne trouveras que des choses méchantes et inhumaines, comme son ordre de diffuser par les moyens de l’épée la foi qu’il professait ».

Cette citation a déclenché de vives réactions dans le monde (dont musulman), réactions qui allèrent jusqu’à brûler des effigies et à commettre des agressions.

Benoît XVI ne pouvait ignorer que sa citation allait engendrer de telles réactions : alors, pourquoi a-t-il agi ainsi ?

La deuxième alerte est sa décision de réintégrer au sein de l’Eglise des évêques intégristes, y compris un évêque, non seulement intégriste, mais aussi négationniste, du nom de Williamson ! La levée de l’excommunication de ces intégristes pose déjà en soi un problème mais celle de Williamson est en elle-même une grave provocation : alors pourquoi a-t-il agi ainsi ?

La dernière alerte – pour le moment – est l’approbation par Benoît XVI de l’excommunication par l’archevêque de Recife (Brésil) de la mère d’une fillette de 9 ans qui avait avorté de jumeaux alors qu’elle était enceinte de quinze semaines, à la suite d’un viol par son beau-père, et de l’équipe médicale qui a pratiqué l’opération. A la suite de cela plusieurs évêques et fidèles catholiques en France ont fait part de leur incompréhension et Mgr Turini, évêque de Cahors, a écrit fort justement : « Pourquoi ajouter de la sévérité à tant de souffrance ? ». alors, pourquoi Benoît XVI a-t-il agi ainsi ?

Je crains que Benoît XVI ne vit pas dans le même monde que nous. J’ai l’impression d’être revenu au temps de l’Inquisition. Torquemada va revenir, tremblez mécréant(e)s ! ! D’autres que le pape, à sa place, n’auraient pas agi ainsi, loin s’en faut ! Une femme, à sa place, n’aurait pas agi ainsi.

Et si la Papesse Jeanne revenait !!

Nilua Navy

Libertés au quotidien , ,

Billet d’Humeur - Les Français sont honorables

Vendredi 20 février 2009

Ce n’est pas tant (ou seulement) d’argent que surtout de confiance dont nous avons besoin. 

Le saupoudrage de mesures dites sociales ne pourra plus jamais réparer le déficit de confiance acquis (DCA) dont est atteint le Président ( c’en est au demeurant aussi vrai des mesures économiques et financières). 

Quel que fut le Président, en temps de crise c’est dommage. Mais c’est ainsi. 

Nous vivons le drame de l’absence d’un gouvernement, cette collégialité d’hommes et de femmes qui nous représentent collectivement plus facilement qu’un seul homme. 

Nous sommes perdus car même le secret espoir d’un changement de gouvernement ne pourra rien changer. Un seul homme prétend tous les représenter au lieu de leur avoir laissé le soin de nous faire parfois un peu rêver soit par ce qu’elles ou ils auraient pu faire, soit par la perspective de les voir remplacer. C’est un peu ça la France. 

Alors le risque est de voir l’espoir se tourner vers le remplacement du Président lui-même, celui-là même qui voulait être notre sauveur ne pourrait un jour plus le devenir que lorsqu’il suscitera l’espoir de son départ pour que tout aille mieux. 

Tout n’ira pas nécessairement mieux, mais les français se nourriront d’un nouvel espoir au moins pour un temps. 

Tout ceci n’est jamais souhaitable en temps de crise car c’est une crise de plus. 

Se rassembler en temps de crise est une condition pour “s’en sortir”. Il aurait été souhaitable de le faire autour d’un Chef d’Etat ET de son gouvernement. C’était possible si nous avions ressenti être respectés. Mais des chercheurs aux professeurs, médecins, étudiants, avocats, magistrats, syndicalistes, employés, parents, patrons, immigrés, Ministres, fonctionnaires et autres catégories de français tellement diversifiées, le sentiment est au rejet.

Il est temps d’une politique tournée d’abord vers le respect, pas celui circonstantiel qui ne suscite lui-même aucun respect, mais d’une attitude vraie qui passe d’abord par celle que devrait un Chef d’Etat à son équipe et qui ensuite descendrait envers chacun d’entre nous. Le respect n’est pas une qualité qui s’achète, elle est, et, aujourd’hui, elle manque. 

Un triste sentiment d’être vus comme des “quantités négligeables” (ne revenons pas sur des qualificatifs utilisés qui n’alimentent pas le débat d’idées et l’échange sur les valeurs) règne en France. C’est ça le plus terrible dans la France d’aujourd’hui. 

Que faire ? 

Donnons-nous confiance, créons des cercles de solidarité, inscrivons notre avenir dans la réunion d’un peuple qui a montré dans l’histoire qu’ensemble il peut et sait traverser les crises. 

 

Le Dazibao

Quel rôle pour l'état ?