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Catégorie : Quel rôle pour l'état ?

De la nécessité d’un cadre juridique contraignant dans la lutte contre le réchauffement climatique

Samedi 26 décembre 2009

“Rendez-vous crucial pour le climat et l’humanité”, “ultimatum écologique”, les enjeux et attentes autour de la conférence de Copenhague étaient immenses. La conférence de Kyoto qui précéda Copenhague, constitua sans nul doute une avancée majeure dans la lutte contre le réchauffement climatique mais laissa un goût amer à la communauté internationale.

Les Etats-Unis avaient en effet refusé de signer ce protocole qui soumettait ses signataires à une stabilisation des émissions de gaz à effet de serre. Dès lors, le protocole historique voyait sa superbe abimée par l’absence du plus gros pollueur planétaire.

Les Etats, loin de renoncer s’étaient donc donnés rendez vous à Copenhague pour tenter de trouver cette fois-ci un accord international qui satisferait l’humanité toute entière.

Mais, le juriste ne saurait se satisfaire de simples déclarations. Le consensus difficile à atteindre soit il, ne doit pas masquer l’absolue nécessité d’adjoindre à la règle de droit une véritable sanction. L’absence de sanction vidant totalement la force obligatoire de la loi.

Dès lors, nous ne pouvons être que sceptique quand à la teneur des engagements qui seront pris au sommet de Copenhague.

Au-delà des grands principes, il conviendrait d’établir une véritable juridiction internationale afin de venir constater et sanctionner la violation des règles relatives au réchauffement climatique. Ceci n’est selon nous pas un idéal mais une absolue nécessité. Le consensus de Copenhague aurait du conduire en la rédaction d’un véritable traité auquel les Etats n’auraient eu d’autre choix que de s’y soustraire.

Loin d’être utopique, cela nous semblait réaliste. Qui aurait pu croire en la possible création d’une Organisation Mondiale du Commerce?

Il serait donc possible de créer cette institution dotée de son propre mécanisme de règlement des différends. Toutefois, à l’instar de Kyoto, Copenhague ne demeurera certainement qu’une litanie de grands principes: le congrès américain refusant de se voir lié par un possible mécanisme de sanctions.

Kyoto avait débouché sur la signature d’un protocole qui s’il ne sanctionnait pas juridiquement, punissait tout du moins économiquement les Etats contrevenants.

Copenhague pour être un succès véritable se devait donc de dépasser la simple sanction pécuniaire. Un traité avec de véritables sanctions juridiques mais sans mécanisme de sanction juridique demeurait donc le véritable objectif de ce sommet.

La signature d’un tel accord aurait obligé la ratification des parlements nationaux et déboucherait in fine sur un débat dans chaque Etat.

N’était ce pas là également l’objectif de Copenhague? Sensibiliser les populations au réchauffement climatique.

Les Etats n’étaient visiblement pas enclin à un traité dès lors Copenhague aura assis le statut quo en la matière.

Sans pour autant vilipender une telle solution, celle-ci est bien en retrait eu égard aux objectifs premiers affichés.

Un bon accord est avant tout un accord réalisable. Nous pensons qu’à l’issue des 15 jours de discussions, l’accord final aurait du constituer une avancée mais demeurer raisonnable dans ses objectifs.

En effet, Kyoto est restée lettre morte dans la plupart des Etats. Avant de se montrer plus ambitieux, n’était-il pas nécessaire de faire appliquer effectivement le protocole de Kyoto?

En témoigne les résultats catastrophiques de certains Etats. Ainsi, le Canada s’était il engagé à une réduction de 6% de ses émissions pour 2012 ; il atteint déjà +26% en 2007. La Nouvelle Zélande avait un objectif de 0% ; elle est à +22%.

L’engagement se devait réaliste et ne laisser aucun Etat au bord de la route : il ne devait surtout ne pas se focaliser sur les pays développés. Les Etats en voie de développement ayant une marge de manœuvre beaucoup plus restreinte à cause des coups financiers engendrés par la réalisation pleine et effective de la réduction des gaz à effet de serre.

Le transfert de technologie demeurait de fait un élément essentiel du débat.

Un accord était certes requis, il s’avérait nécessaire, mais pas à n’importe quel prix. La quête effrénée d’un consensus a mené à un accord vide de sens. Si la sanction juridique demeurait de l’utopisme, il convenait de ne pas basculer dans l’excès inverse.

L’absence d’un réel accord à l’issu du sommet vient donc “plomber” la dynamique “verte.

Le consensus diplomatique n’est plus suffisant aujourd’hui. Le sommet de deux semaines a finalement débouché sur une promesse des 28 Etats (les plus gros pollueurs planétaires) qu’il ne faut pas que le réchauffement moyen dépasse 2 °C par rapport aux températures préindustrielles (avant 1 800). Mais dénuée de sanction juridique, cet engagement relève plus de la promesse que du réel engagement. Rendez vous est pris pour la 16e conférence qui se tiendra à Mexico, du 29 novembre au 9 décembre 2010. Entre-temps, des retrouvailles intermédiaires sont prévues à Bonn dans six mois où de réelles prises de position sont attendues.

Jonathan Proust

Juriste-doctorant Université Paris I Panthéon Sorbonne

Quel rôle pour l'état ?

Prochain débat Pensez Libre : Où va l’Afrique ?

Samedi 7 novembre 2009

sans-titre1Chères amies, Chers amis,

L’Afrique c’est plus de 30 millions de km2 (soit 20% des terres immergées mondiales), près d’1 milliard d’habitants (soit 15,5% de la population mondiale et bientôt 20%), 53 Etats (sur 193 soit environ 28%) et environ 2000 langues (sur 6000).

Mais l’Afrique ne représente plus maintenant que 1% des exportations mondiales et 1% des investissements étrangers directs dans le monde (au lieu des 5% et 6% respectivement il y a environ 20 ans).

L’Afrique est un continent aussi riche par ses diversités culturelles et géographiques (”les Afriques”) que par ses ressources naturelles (minières, pétrolières etc.) mais, selon certains, c’est aussi et malheureusement “le continent le plus ravagé par les conflits” ethniques (frontières), politiques (gouvernance), sociaux-politiques (pauvreté) ou les guerres civiles (matières premières)”.

L’Afrique nourrit tant d’espoirs mais parfois des déceptions, elle génère tant de convoitises mais aussi quelque fois des rejets, elle est le continent de tant de joie de vivre mais aussi de déséquilibres (éducation, santé, infrastructure).

L’Afrique respectueuse des traditions est un fondement de son équilibre, l’Afrique moderne est en route (bourse, éducation et santé à distance etc.).

Quelle est/sera la place de l’Afrique dans le monde du XXIème siècle ? Quel est ou devrait être le rôle des Etats, organisations sous-régionales ou continentales africains, de la communauté et des organisations internationales mais aussi celui des investisseurs africains et internationaux ?

Tant de questions et de réflexions à partager et de recommandations à suggérer, autour de:

.  Mustapha Niasse, ancien Premier Ministre du Sénégal,

.  Michel Roussin, ancien Ministre de la coopération, Conseiller du Président de Véolia Environnement

Lionel Zinsou, Président de PAI, Conseiller spécial du Président de la République du Bénin

A la prochaine conférence de Pensez Libre :

“Où va l’Afrique? ”


le 18 novembre à 19h30 à l’Hôtel de l’Industrie, 4 place Saint Germain des Prés, Paris 6ème

Nous comptons sur votre présence

Amicalement,

Stéphane Brabant
Olivier Mousson

Inscription obligatoire par mail


Biographie de Moustapha Niasse

Né le 4 novembre 1939 à Keur Madiabel) est un homme politique sénégalais, ancien Premier ministre.

Il poursuit ses études au Lycée Faidherbe de Saint-Louis, puis à l’Université de Dakar et enfin à Paris. Il est également diplômé de l’École nationale d’administration du Sénégal.

Après une carrière dans la haute fonction publique où il aura été Directeur de cabinet du Président Senghor, Moustapha Niasse est nommé Ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Environnement le 15 mars 1978 et Ministre des Affaires étrangères le 19 septembre 1978, puis Premier ministre en avril 1983 pour un mois.

En juin 1993, il redevient Ministre des Affaires étrangères jusqu’en juillet 1998 où il est nommé représentant du Secrétaire général des Nations unies dans les pays des Grands lacs.

En 2000, il est candidat de l’Alliance des forces du progrès (AFP) à l’élection présidentielle. Il arrive en troisième position au premier tour organisé le 27 février 2000 avec 16,8 %. Suite à la victoire d’Abdoulaye Wade, il est nommé Premier Ministre.

Le 12 juin 2002, le Secrétaire général des Nations unies le nomme envoyé spécial pour aider les parties congolaises à parvenir à un accord inclusif sur le partage du pouvoir durant la transition en République démocratique du Congo.

Il a été nommé en 2005, par le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, membre du Haut Conseil pour l’Alliance des Civilisations.

Le 19 décembre 2006, la Coalition Alternative 2007, regroupant 10 partis politiques de l’opposition, a désigné Moustapha Niasse comme candidat pour l’élection présidentielle de 2007.2

Le 25 février 2007, lors du premier tour de l’élection présidentielle (qui voit la réélection du président Wade), il remporte 203 129 voix, soit 5,93 % des suffrages exprimés, selon les résultats définitifs annoncés par le Conseil constitutionnel le 11 mars suivant.

Moustapha Niasse a également créé plusieurs entreprises dont International Trading Oil and Commodities, Surestream Petroleum, et est membre du Conseil d’Administration de la société canadienne MagIndustries.


Biographie de  Michel Roussin

Michel Roussin, né en 1939 à Rabat, au Maroc, est un ancien Ministre de la coopération, conseiller du Président Véolia Environnement, administrateur de Véolia Maroc.

Docteur ès lettres, diplômé de l’école nationale des langues orientales, il est officier d’artillerie de 1960 à 1963, avant de rejoindre la gendarmerie comme officier.

A partir de 1969, il est chargé des relations avec la presse à la Direction de la gendarmerie et de la Justice militaire, au ministère des Armées. Après trois années de service, il est nommé Commandant militaire de l’Hôtel Matignon (1972 - 1976), où il fera la connaissance de  Jacques Chirac.

Détaché en qualité de Sous-Préfet, il est Directeur de cabinet du Préfet d’Indre-et-Loire, puis, du Premier-ministre Jacques Chirac (1976).  Michel Roussin devient Directeur de cabinet  auprès d’Alexandre de Marenches et Pierre Marion, à la Direction Générale des services secrets (SDECE) de 1977 à 1981.

Par la suite, il devient Chargé de mission auprès du Président de la Compagnie générale des eaux (1981), avant de rejoindre Jacques Chirac, alors Maire de Paris, comme Administrateur de la commune de Paris. Directeur de cabinet de Jacques Chirac, premier magistrat de la capitale (1983 - 1986), puis de Chirac, chef du gouvernement (1986 - 1988), à nouveau de Chirac à l’Hôtel de Ville (1989 - 1993).

En 1993, il est élu Député de Paris, mais renonce à son mandat pour entrer dans le gouvernement comme Ministre de la Coopération d’Edouard Balladur (1993 - 1994).

De 1995 à 1999, il est Président de SAE International, groupe de BTP Eiffage.

De 1999 à 2009, il est Vice-Président Afrique du groupe Bolloré, et membre du Conseil Economique et Social.

Depuis 2009, Michel Roussin est Conseiller du Président Véolia Environnement, Administrateur de Véolia Maroc.

Officier de la Légion d’Honneur, Croix de la valeur militaire, Michel Roussin est depuis 1996 Président du Comité Afrique au MEDEF International. Il a été nommé en mai 2004 Conseiller d’Etat en service extraordinaire.


Biographie de Lionel Zinsou

Lionel Zinsou, 54 ans, est  banquier d’affaires franco-béninois, Président du fonds d’investissement PAI Partners.

Diplômé de l’École Normale Supérieure de Paris (1975), agrégé de Sciences économiques, d’Histoire économique et d’Économie du développement, Lionel Zinsou a démarré sa carrière professionnelle comme maître de conférences et professeur d’économie à l’Université de Paris XIII et conseiller du Ministre de l’Industrie puis du Premier Ministre.

A partir de 1986,  il rentre chez Danone où il a occupé plusieurs fonctions, notamment  Directeur du développement, Directeur Général de HP et de Lea & Perrins et membre du Comité Exécutif. .

En 1997, il rejoint la banque Rothschild  et devient Associé Gérant de Rothschild & Cie où il a notamment été en charge du Groupe Biens de Consommation, et responsable de la zone Moyen-Orient et Afrique ainsi que membre du Global Investment Bank Committee.

Depuis 2008, Lionel Zinsou  est chez PAI ( Paribas Affaires Industrielles), dont il est aujourd’hui Président.

Très attaché au continent africain et se définissant comme un “afro-optimiste, Lionel Zinsou est opérateur économique - à travers une entreprise, la CSEB (Compagnie de service des entreprises du Bénin qui est une société de nettoyage industriel, gardiennage, infographie) - et culturel - à travers la Fondation Zinsou, “fondation privée tournée vers la culture et l’action sociale, se consacrant à l’art contemporain africain”.  Lionel Zinsou est également conseiller spécial du Président béninois Yayi Boni.

Membre du comité directeur de l’institut Montaigne, il est également animateur du Club Fraternité, cercle de réflexion de Laurent Fabius, et Président de Cap Afrique, un think thank indépendant dont la mission est d’aider à mieux comprendre le continent africain, de travailler au changement de sa perception trop souvent négative et d’en renforcer l’attractivité.

Quel rôle pour l'état ?

Vers une société durable

Lundi 6 avril 2009

Crise de 2008, crise de siècle

L’automne 2008 a été pour le moins animé sur les Bourses mondiales.

Dans la continuité d’une chute entamée depuis mi-2007, le système financier mondial a connu un éclatement majeur au dernier trimestre 2008. Depuis quelques temps déjà, les prix de l’immobilier, des matières premières et des denrées agricoles atteignaient des sommets, annonciateurs d’une profonde crise de surproduction et de spéculation.

Suite à la crise des crédits hypothécaires, l’éclatement de la dette des ménages américains a eu des répercussion en chaîne dans l’ensemble des pays et des secteurs mondiaux. A tel point que le risque systémique d’effondrement du système financier international a été à plusieurs reprises envisagé.

De la faillite de Lehman Brothers aux prises de contrôle de l’état américain sur les organismes Fannie, Mae et Freddie Mac, en passant par la recapitalisation en masse des banques européennes, le système financier mondial a connu une période de déstabilisation majeure, comparable à la grande crise de 1929.

Récession ? Dépression ?

Chaque économiste, chaque politique, chaque citoyen cherche à définir et comprendre cette crise dont personne ne parvient réellement à cerner les contours ni les responsabilités. Traumatisées par le spectre de la dépression économique des années 1930 et par le terrible conflit mondial qui en est sorti, les économies du monde entier ont toutes lancé des plans de relance publics et privés, afin de soutenir la consommation et l’investissement et tenter d’éviter une spirale déflationniste globale. Plan de relance américain de 800 milliards de dollars, initiatives publiques européennes de 1,5% du PIB, les Etats sont massivement intervenus sur les marchés pour soutenir les banques, les investissements des entreprises et la consommation des ménages.

Au-delà d’une de la nécessaire dynamique de plans de sauvetage à court-terme, une question centrale demeure cependant : qui est responsable ? que doit-on changer ?

Une réponse un peu vague entrée dans le langage courant est du type « tout le monde et personne à la fois ». « Tout le monde » car cette crise est la résultante de l’effondrement d’un système global, prévisible depuis plusieurs décennies, et « personne » parce que personne n’avait intérêt à le remettre en cause.

Au cours de l’année 2008, les cours boursiers mondiaux ont chuté de 50% dans le sillage de l’éclatement simultané des bulles des matières premières, du secteur immobilier et des denrées agricoles.

Cependant, si les mécanismes de la crise de 2008 sont bien ceux d’une crise de surproduction et de spéculation, de surévaluation de la demande et des prix, les causes fondamentales en semblent cependant bien plus profondes.

Les causes de la crise de 2008 semblent en effet se trouver au cœur-même des piliers qui ont construit le capitalisme financier du XXème siècle.

Si le XXème siècle a permis la reconstruction occidentale et des accès réels à une société de confort, la crise financière de 2008 semble confirmer que, depuis quelques décennies, le système économique et politique mondial reposait sur des déséquilibres structurels, qui rendaient cette crise inévitable.

Le XXIème siècle a fait une entrée fracassante dans notre quotidien avec les terribles attentats du 11 septembre 2001 contre les tours du World Trade Center. Ces mêmes attentats ayant été suivis de la guerre en Irak, de l’arrivée de nouvelles puissances sur la scène géopolitique mondiale et de la crise financière de 2008.

Ces signaux mettent en lumière un profond changement d’époque, un changement des équilibres politiques, économiques, écologiques et sociaux. Le XXème siècle a connu une forte dynamique économique et commerciale, basée sur cinq piliers de croissance, mais qui sont aujourd’hui dépassés.

1. La croissance économique du XXème siècle a été fondée sur l’économie du pétrole : elle est aujourd’hui remise en cause par l’épuisement progressif des ressources fossiles et par les dérèglements climatiques causés par l’activité industrielle humaine.

Le Protocole de Kyoto donne depuis 1997 un cadre de coopération internationale dans la lutte contre le changement climatique : afin de limiter l’augmentation de la température terrestre à 2-3 degrés d’ici 2100, le XXIème siècle met en place une dynamique de ressources chères et d’énergies propres. La crise de 2008 révèle une profonde crise de transition énergétique, au sens où elle place les nations du monde entier dans un contexte de pénurie de ressources et de recherche de nouveaux modèles de croissance verte, autour d’une économie décarbonée.

2. Le système géopolitique du XXème siècle a été structuré autour du leadership des Etats-Unis : il semble aujourd’hui en voie d’une recomposition multipolaire, constituée autour de nouvelles lignes de forces, marquées par la montée en puissance des économies émergentes comme le Brésil ou l’Inde, et le retour sur la scène internationale d’acteurs majeurs comme la Chine, la Russie et le Moyen-Orient. Ce nouvel ordre mondial sera source de tensions énergétiques et gépolitiques, mais aussi d’opportunités de coopération dans la lutte contre le changement climatique.

3. L’économie du XXème siècle s’est structurée dans un processus de dérégulation constante, à tel point que les Etats ont été nettement dépossédés de leur pouvoir économique. Le XXIème siècle verra sans doute un retour partiel de politiques économiques publiques plus volontaires, où les Etats du monde occidental comme des pays émergents deviendront de véritables pilotes économiques au travers de partenariats publics et privés.

4. L’économie du XXème s’est construite autour de la notion de maximisation du profit : le système financier mondial s’est bâti autour du postulat que la maximisation des intérêts particuliers des entreprises menait à l’intérêt général. La croissance des inégalités sociales, dans les pays développés, comme dans l’axe Nord-Sud, les pollutions et les dérèglements environnementaux, ont montré que croissance économique et la maximisation seule du profit pouvaient être sources de profonds déséquilibres. Les entreprises du XXIème siècle devront alors concourir à la recherche équilibrée d’intérêts économiques, écologiques et sociaux, dans leur mode de fonctionnement comme dans les produits qu’elles commercialiseront.

5. La société du XXème siècle s’est construite autour de la société de consommation : cependant, les excès d’une société désormais surinvestie par les médias, la publicité et l’argent ont alimenté un sentiment de perte de sens généralisé. Le XXIème siècle se construira alors dans la quête d’une société du bien-être et de formes de spiritualités collectives, alimentées par les associations, les religions, les partis politiques, les femmes, les minorités et le pouvoir citoyen. Dans le monde occidental tout particulièrement, le XXIème siècle verra l’émergence du « citoyen », là où les actes de consommation prendront désormais un véritable sens éthique, écologique et social.

La crise financière de 2008 n’est donc pas qu’une crise de surproduction. Elle est également et surtout une crise de système, car elle remet en question le mode de fonctionnement même de la société moderne. Les excès de la finance mondiale, entraînée par une spirale de déresponsabilités confortables, ont participé à une déshumanisation progressive de l’économie, à tel point que cette dernière a semblé dériver de son objectif initial. A savoir celui de créer de la richesse sociale et de permettre à chacun d’avoir « un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires » (Déclaration Universelle des Droits de l’Homme» (1948).

2009 apparaît alors comme l’année charnière qui fait basculer les citoyens du monde dans une nouvelle époque. Celle d’une société durable.

Société construite autour de la transformation des modes de vie et de la rénovation des relations humaines, dans le cadre d’un projet commun de protection de la planète et de lutte contre le changement climatique.

Version PDF téléchargeable : Vers une société durable

T. MERCIER

Accès au savoir & culture, Europe dans le monde, Libertés au quotidien, Quel rôle pour l'état ?, Rôles de l'entreprise, Travail & vie personnelle

Billet d’Humeur - Les Français sont honorables

Vendredi 20 février 2009

Ce n’est pas tant (ou seulement) d’argent que surtout de confiance dont nous avons besoin. 

Le saupoudrage de mesures dites sociales ne pourra plus jamais réparer le déficit de confiance acquis (DCA) dont est atteint le Président ( c’en est au demeurant aussi vrai des mesures économiques et financières). 

Quel que fut le Président, en temps de crise c’est dommage. Mais c’est ainsi. 

Nous vivons le drame de l’absence d’un gouvernement, cette collégialité d’hommes et de femmes qui nous représentent collectivement plus facilement qu’un seul homme. 

Nous sommes perdus car même le secret espoir d’un changement de gouvernement ne pourra rien changer. Un seul homme prétend tous les représenter au lieu de leur avoir laissé le soin de nous faire parfois un peu rêver soit par ce qu’elles ou ils auraient pu faire, soit par la perspective de les voir remplacer. C’est un peu ça la France. 

Alors le risque est de voir l’espoir se tourner vers le remplacement du Président lui-même, celui-là même qui voulait être notre sauveur ne pourrait un jour plus le devenir que lorsqu’il suscitera l’espoir de son départ pour que tout aille mieux. 

Tout n’ira pas nécessairement mieux, mais les français se nourriront d’un nouvel espoir au moins pour un temps. 

Tout ceci n’est jamais souhaitable en temps de crise car c’est une crise de plus. 

Se rassembler en temps de crise est une condition pour “s’en sortir”. Il aurait été souhaitable de le faire autour d’un Chef d’Etat ET de son gouvernement. C’était possible si nous avions ressenti être respectés. Mais des chercheurs aux professeurs, médecins, étudiants, avocats, magistrats, syndicalistes, employés, parents, patrons, immigrés, Ministres, fonctionnaires et autres catégories de français tellement diversifiées, le sentiment est au rejet.

Il est temps d’une politique tournée d’abord vers le respect, pas celui circonstantiel qui ne suscite lui-même aucun respect, mais d’une attitude vraie qui passe d’abord par celle que devrait un Chef d’Etat à son équipe et qui ensuite descendrait envers chacun d’entre nous. Le respect n’est pas une qualité qui s’achète, elle est, et, aujourd’hui, elle manque. 

Un triste sentiment d’être vus comme des “quantités négligeables” (ne revenons pas sur des qualificatifs utilisés qui n’alimentent pas le débat d’idées et l’échange sur les valeurs) règne en France. C’est ça le plus terrible dans la France d’aujourd’hui. 

Que faire ? 

Donnons-nous confiance, créons des cercles de solidarité, inscrivons notre avenir dans la réunion d’un peuple qui a montré dans l’histoire qu’ensemble il peut et sait traverser les crises. 

 

Le Dazibao

Quel rôle pour l'état ?

La France, c’est Midnight express tous les jours !

Jeudi 15 janvier 2009

prisons_162La France serait « le pays des droits de l’homme » ! Jamais cette expression n’a autant été utilisée à tort et à travers. Implicitement, cette formule, à l’emporte pièce, revendique, à la fois, un droit de propriété sur ces droits de l’homme et  pose, pour ceux qui la revendique, la France en donneuse de leçons et en censeur.

L’état de notre Justice est l’illustration criante de ce que la France ferait bien de balayer devant sa porte avant de se poser en modèle du genre.

D’une manière générale, je dois avouer que je n’ai pas une grande propension à déborder d’affection pour les personnes détenues dans les prisons françaises mais il m’est insupportable de savoir que celles-ci sont entassées en nombre comme de la marchandise dans des cellules qui ressemblent davantage à des cachots plus dignes de l’Ancien Régime que des années 2000.

Condamner un homme ou une femme à la réclusion n’est pas les condamner à vivre entassés derrière des barreaux entre quatre murs délabrés avec de nombreux congénères ou compagnons d’infortune.

Cette situation revient, de fait, à dénier à chacune de ces personnes la qualité d’être humain alors qu’en droit elles n’ont été, si j’ose dire, que condamnées à la privation temporaire de liberté et de divers droits civiques.

Pire encore ! Chacun connaît les conséquences dramatiques de cet entassement dans les cellules françaises ! Outre le fait que l’on y trouve des détenus dont l’état psychique relève davantage d’une hospitalisation d’office dans une structure psychiatrique que d’un cachot surpeuplé, cette promiscuité permet aux plus forts d’abuser des plus faibles.

C’est ainsi qu’avec la complicité passive de l’administration les cellules françaises sont, dans l’indifférence générale, le lieu de viols, de tortures, de rackets, de chantages, de meurtres et de contamination - de petits délinquants y côtoyant de dangereux criminels - Certains, pour échapper à cet enfer quotidien, en viennent à se suicider.

Oui, on tue dans les prisons françaises et personne ne bouge. Personne ne bouge car ces pauvres hères ne sont ni fils de ministres, encore moins d’archevêques …., ou de grands patrons. Ils sont souvent originaires de familles défavorisées et ont souffert dans leur enfance de conditions sociales défavorables qui ont prédéfini, pour beaucoup, leur fatale destinée.

Parfois, l’on se retrouve en prison pour des faits qui n’auraient pas dû vous y conduire. Souvenez-vous, quelques semaines avant Noël, près de Rouen. Un homme relativement jeune, non connu des services de police, selon la formule consacrée, s’est retrouvé en prison parce que les services de l’Etat l’avaient intercepté au volant de son véhicule pour la deuxième fois avec un taux d’alcoolémie dépassant le seuil autorisé. La sanction fut la prison, comme si la liberté n’était pas une valeur fondamentale et qu’elle ne devait être retirée que très exceptionnellement. Comme si la mise en fourrière du véhicule et une amende n’auraient pas suffi : vaut mieux une « prison » pour les véhicules qu’une prison pour les hommes qui ne sont pas des criminels.

En dépit de ses protestations et de celles de sa compagne, il a été maintenu dans une cellule avec un codétenu psychopathe qui avait fait parler déjà de lui. Qu’advint-il ? Ce dangereux codétenu égorgea, sans autre forme de procès et en toute tranquilité, à l’abri des murs de sa cellule, le malheureux conducteur contrevenant.

Aucun officiel, ni membre du gouvernement ne reconnurent leur responsabilité ou celle de l’Etat mais le conducteur contrevenant et désormais victime n’était pas fils d’Archevêque : ceci explique peut-être cela …

Alors au lieu de lancer à tout va des pseudo-réformes, la dernière en date pour occuper le paysage médiatique étant celle du remplacement du juge d’instruction par le juge de l’instruction pour, définitivement, enterrer les affaires politico-financières, la Garde des sceaux et son président feraient mieux tout simplement de lancer un seul programme : celui de construire une cellule par détenu.

Au lieu de jouer avec les média au sujet de sa garde robe, de ses bijoux, du père de son enfant, au lieu de décourager les membres de son cabinet qui finissent tous par démissionner, la garde des sceaux, avec son président préféré, ferait mieux de prendre cette mesure simple digne du moindre pays se prétendant civilisé.

Au lieu de lancer des leurres inutiles et dangereux comme le projet d’incarcérer les enfants de 12 ans ou celui de détecter dès la crèche chez les enfants de moins de trois ans ceux qui auraient des propensions à une délinquance future, la Garde des sceaux serait bien inspirée de s’occuper de ses prisons.

Au lieu de faire comme si on ne connaissait pas la situation critique des prisons françaises, au lieu de ne pas donner suite aux condamnations de Bruxelles sur ce sujet, au lieu de laisser lettres mortes les rapports des commissions parlementaires sur ce même sujet, au lieu de nommer un contrôleur des prisons comme si la situation n’était pas connue, la Garde des sceaux ferait mieux de s’attaquer efficacement et durablement à ce chantier.

J’attends un Garde des sceaux qui annonce une seule chose : que chaque détenu ait sa cellule individuelle. Outre qu’il s’agit là d’une obligation et de l’honneur de notre pays, il est plus facile de réinsérer des hommes et des femmes qui n’ont pas subi de sévices en prison.

Alors, Midnight express ça se termine quand en France ?

Nilua Navy

 

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