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La France, c’est Midnight express tous les jours !

prisons_162La France serait « le pays des droits de l’homme » ! Jamais cette expression n’a autant été utilisée à tort et à travers. Implicitement, cette formule, à l’emporte pièce, revendique, à la fois, un droit de propriété sur ces droits de l’homme et  pose, pour ceux qui la revendique, la France en donneuse de leçons et en censeur.

L’état de notre Justice est l’illustration criante de ce que la France ferait bien de balayer devant sa porte avant de se poser en modèle du genre.

D’une manière générale, je dois avouer que je n’ai pas une grande propension à déborder d’affection pour les personnes détenues dans les prisons françaises mais il m’est insupportable de savoir que celles-ci sont entassées en nombre comme de la marchandise dans des cellules qui ressemblent davantage à des cachots plus dignes de l’Ancien Régime que des années 2000.

Condamner un homme ou une femme à la réclusion n’est pas les condamner à vivre entassés derrière des barreaux entre quatre murs délabrés avec de nombreux congénères ou compagnons d’infortune.

Cette situation revient, de fait, à dénier à chacune de ces personnes la qualité d’être humain alors qu’en droit elles n’ont été, si j’ose dire, que condamnées à la privation temporaire de liberté et de divers droits civiques.

Pire encore ! Chacun connaît les conséquences dramatiques de cet entassement dans les cellules françaises ! Outre le fait que l’on y trouve des détenus dont l’état psychique relève davantage d’une hospitalisation d’office dans une structure psychiatrique que d’un cachot surpeuplé, cette promiscuité permet aux plus forts d’abuser des plus faibles.

C’est ainsi qu’avec la complicité passive de l’administration les cellules françaises sont, dans l’indifférence générale, le lieu de viols, de tortures, de rackets, de chantages, de meurtres et de contamination - de petits délinquants y côtoyant de dangereux criminels - Certains, pour échapper à cet enfer quotidien, en viennent à se suicider.

Oui, on tue dans les prisons françaises et personne ne bouge. Personne ne bouge car ces pauvres hères ne sont ni fils de ministres, encore moins d’archevêques …., ou de grands patrons. Ils sont souvent originaires de familles défavorisées et ont souffert dans leur enfance de conditions sociales défavorables qui ont prédéfini, pour beaucoup, leur fatale destinée.

Parfois, l’on se retrouve en prison pour des faits qui n’auraient pas dû vous y conduire. Souvenez-vous, quelques semaines avant Noël, près de Rouen. Un homme relativement jeune, non connu des services de police, selon la formule consacrée, s’est retrouvé en prison parce que les services de l’Etat l’avaient intercepté au volant de son véhicule pour la deuxième fois avec un taux d’alcoolémie dépassant le seuil autorisé. La sanction fut la prison, comme si la liberté n’était pas une valeur fondamentale et qu’elle ne devait être retirée que très exceptionnellement. Comme si la mise en fourrière du véhicule et une amende n’auraient pas suffi : vaut mieux une « prison » pour les véhicules qu’une prison pour les hommes qui ne sont pas des criminels.

En dépit de ses protestations et de celles de sa compagne, il a été maintenu dans une cellule avec un codétenu psychopathe qui avait fait parler déjà de lui. Qu’advint-il ? Ce dangereux codétenu égorgea, sans autre forme de procès et en toute tranquilité, à l’abri des murs de sa cellule, le malheureux conducteur contrevenant.

Aucun officiel, ni membre du gouvernement ne reconnurent leur responsabilité ou celle de l’Etat mais le conducteur contrevenant et désormais victime n’était pas fils d’Archevêque : ceci explique peut-être cela …

Alors au lieu de lancer à tout va des pseudo-réformes, la dernière en date pour occuper le paysage médiatique étant celle du remplacement du juge d’instruction par le juge de l’instruction pour, définitivement, enterrer les affaires politico-financières, la Garde des sceaux et son président feraient mieux tout simplement de lancer un seul programme : celui de construire une cellule par détenu.

Au lieu de jouer avec les média au sujet de sa garde robe, de ses bijoux, du père de son enfant, au lieu de décourager les membres de son cabinet qui finissent tous par démissionner, la garde des sceaux, avec son président préféré, ferait mieux de prendre cette mesure simple digne du moindre pays se prétendant civilisé.

Au lieu de lancer des leurres inutiles et dangereux comme le projet d’incarcérer les enfants de 12 ans ou celui de détecter dès la crèche chez les enfants de moins de trois ans ceux qui auraient des propensions à une délinquance future, la Garde des sceaux serait bien inspirée de s’occuper de ses prisons.

Au lieu de faire comme si on ne connaissait pas la situation critique des prisons françaises, au lieu de ne pas donner suite aux condamnations de Bruxelles sur ce sujet, au lieu de laisser lettres mortes les rapports des commissions parlementaires sur ce même sujet, au lieu de nommer un contrôleur des prisons comme si la situation n’était pas connue, la Garde des sceaux ferait mieux de s’attaquer efficacement et durablement à ce chantier.

J’attends un Garde des sceaux qui annonce une seule chose : que chaque détenu ait sa cellule individuelle. Outre qu’il s’agit là d’une obligation et de l’honneur de notre pays, il est plus facile de réinsérer des hommes et des femmes qui n’ont pas subi de sévices en prison.

Alors, Midnight express ça se termine quand en France ?

Nilua Navy

 

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  1. Dominique Del Boca
    | #1

    Une peine de prison sert comme chacun sait : à punir, à protéger la société et à permettre la réinsertion du délinquant lors de sa sortie de prison.

    Les objectifs sont-ils atteints ?

    Non, en partie parce qu’en prison, les délinquants et criminels se côtoient. La prison devient alors un lieu d’échange et où les possibilités qui s’offrent aux uns et aux autres, c ‘est de faire encore pire en sortant. Petit délinquant peut devenir un délinquant plus grave.

    Pour éviter cela, on a inventé le bracelet qui permet en dessous d’une condamnation à deux ans de prison d’éviter l’incarcération.

    C’est un point important, encore faut-il dehors avoir l’encadrement nécessaire !

    Pas simple car au-delà des moyens, il faut trouver les personnes compétentes et cela ne s’invente pas. De véritables vocations tout à fait admirables qui, seules, peuvent éviter que l’on aille encore plus loin dans la délinquance.

    On a présenté lors de sa construction la prison de Fleury comme un exemple avec des chambres indivicuelles et des couvre-lits en côton.

    Et pourtant le taux de suicide a été encore plus important que dans les autres prisons et ce, malgré les rideaux à fleurs.

    L’explication se trouve dans la solitude du condamné. Peut-être la pire des tortures.

    Pas facile de choisir entre deux maux, laisser les délinquants à plusieurs et malheureusement, courir le risque de les voir sortir encore plus enracinés dans le désir de recommencer, ou les laisser face à eux-mêmes et augmenter le risque de suicide ou de folie.

    La question de fond est là.

    Et toujours in medium justum est

  2. Dominique Del Boca
    | #2

    Une peine de prison sert comme chacun sait : à punir, à protéger la société et à permettre la réinsertion du délinquant lors de sa sortie de prison.

    Les objectifs sont-ils atteints ?

    Non, en partie parce qu’en prison, les délinquants et criminels se côtoient. La prison devient alors un lieu d’échange et rarement on a vu un délinquant au contact d’autres progresser : en général, il fait encore pire en sortant. Petit délinquant peut devenir un délinquant plus grave.

    Pour éviter cela, on a inventé le bracelet qui permet en dessous d’une condamnation à deux ans de prison d’éviter l’incarcération.

    C’est un point important, encore faut-il dehors avoir l’encadrement nécessaire !

    Pas simple car au-delà des moyens, il faut trouver les personnes compétentes et cela ne s’invente pas. De véritables vocations tout à fait admirables qui, seules, peuvent éviter que l’on aille encore plus loin dans la délinquance.

    On a présenté lors de sa construction la prison de Fleury comme un exemple avec des chambres indivicuelles et des couvre-lits en côton.

    Et pourtant le taux de suicide a été encore plus important que dans les autres prisons et ce, malgré les rideaux à fleurs.

    L’explication se trouve dans la solitude du condamné. Peut-être la pire des tortures.

    Pas facile de choisir entre deux maux, laisser les délinquants à plusieurs et malheureusement, courir le risque de les voir sortir encore plus enracinés dans le désir de recommencer, ou les laisser face à eux-mêmes et augmenter le risque de suicide ou de folie.

    La question de fond est là.

    Et toujours in medium justum est

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