Vers une société durable
Crise de 2008, crise de siècle
L’automne 2008 a été pour le moins animé sur les Bourses mondiales.
Dans la continuité d’une chute entamée depuis mi-2007, le système financier mondial a connu un éclatement majeur au dernier trimestre 2008. Depuis quelques temps déjà, les prix de l’immobilier, des matières premières et des denrées agricoles atteignaient des sommets, annonciateurs d’une profonde crise de surproduction et de spéculation.
Suite à la crise des crédits hypothécaires, l’éclatement de la dette des ménages américains a eu des répercussion en chaîne dans l’ensemble des pays et des secteurs mondiaux. A tel point que le risque systémique d’effondrement du système financier international a été à plusieurs reprises envisagé.
De la faillite de Lehman Brothers aux prises de contrôle de l’état américain sur les organismes Fannie, Mae et Freddie Mac, en passant par la recapitalisation en masse des banques européennes, le système financier mondial a connu une période de déstabilisation majeure, comparable à la grande crise de 1929.
Récession ? Dépression ?
Chaque économiste, chaque politique, chaque citoyen cherche à définir et comprendre cette crise dont personne ne parvient réellement à cerner les contours ni les responsabilités. Traumatisées par le spectre de la dépression économique des années 1930 et par le terrible conflit mondial qui en est sorti, les économies du monde entier ont toutes lancé des plans de relance publics et privés, afin de soutenir la consommation et l’investissement et tenter d’éviter une spirale déflationniste globale. Plan de relance américain de 800 milliards de dollars, initiatives publiques européennes de 1,5% du PIB, les Etats sont massivement intervenus sur les marchés pour soutenir les banques, les investissements des entreprises et la consommation des ménages.
Au-delà d’une de la nécessaire dynamique de plans de sauvetage à court-terme, une question centrale demeure cependant : qui est responsable ? que doit-on changer ?
Une réponse un peu vague entrée dans le langage courant est du type « tout le monde et personne à la fois ». « Tout le monde » car cette crise est la résultante de l’effondrement d’un système global, prévisible depuis plusieurs décennies, et « personne » parce que personne n’avait intérêt à le remettre en cause.
Au cours de l’année 2008, les cours boursiers mondiaux ont chuté de 50% dans le sillage de l’éclatement simultané des bulles des matières premières, du secteur immobilier et des denrées agricoles.
Cependant, si les mécanismes de la crise de 2008 sont bien ceux d’une crise de surproduction et de spéculation, de surévaluation de la demande et des prix, les causes fondamentales en semblent cependant bien plus profondes.
Les causes de la crise de 2008 semblent en effet se trouver au cœur-même des piliers qui ont construit le capitalisme financier du XXème siècle.
Si le XXème siècle a permis la reconstruction occidentale et des accès réels à une société de confort, la crise financière de 2008 semble confirmer que, depuis quelques décennies, le système économique et politique mondial reposait sur des déséquilibres structurels, qui rendaient cette crise inévitable.
Le XXIème siècle a fait une entrée fracassante dans notre quotidien avec les terribles attentats du 11 septembre 2001 contre les tours du World Trade Center. Ces mêmes attentats ayant été suivis de la guerre en Irak, de l’arrivée de nouvelles puissances sur la scène géopolitique mondiale et de la crise financière de 2008.
Ces signaux mettent en lumière un profond changement d’époque, un changement des équilibres politiques, économiques, écologiques et sociaux. Le XXème siècle a connu une forte dynamique économique et commerciale, basée sur cinq piliers de croissance, mais qui sont aujourd’hui dépassés.
1. La croissance économique du XXème siècle a été fondée sur l’économie du pétrole : elle est aujourd’hui remise en cause par l’épuisement progressif des ressources fossiles et par les dérèglements climatiques causés par l’activité industrielle humaine.
Le Protocole de Kyoto donne depuis 1997 un cadre de coopération internationale dans la lutte contre le changement climatique : afin de limiter l’augmentation de la température terrestre à 2-3 degrés d’ici 2100, le XXIème siècle met en place une dynamique de ressources chères et d’énergies propres. La crise de 2008 révèle une profonde crise de transition énergétique, au sens où elle place les nations du monde entier dans un contexte de pénurie de ressources et de recherche de nouveaux modèles de croissance verte, autour d’une économie décarbonée.
2. Le système géopolitique du XXème siècle a été structuré autour du leadership des Etats-Unis : il semble aujourd’hui en voie d’une recomposition multipolaire, constituée autour de nouvelles lignes de forces, marquées par la montée en puissance des économies émergentes comme le Brésil ou l’Inde, et le retour sur la scène internationale d’acteurs majeurs comme la Chine, la Russie et le Moyen-Orient. Ce nouvel ordre mondial sera source de tensions énergétiques et gépolitiques, mais aussi d’opportunités de coopération dans la lutte contre le changement climatique.
3. L’économie du XXème siècle s’est structurée dans un processus de dérégulation constante, à tel point que les Etats ont été nettement dépossédés de leur pouvoir économique. Le XXIème siècle verra sans doute un retour partiel de politiques économiques publiques plus volontaires, où les Etats du monde occidental comme des pays émergents deviendront de véritables pilotes économiques au travers de partenariats publics et privés.
4. L’économie du XXème s’est construite autour de la notion de maximisation du profit : le système financier mondial s’est bâti autour du postulat que la maximisation des intérêts particuliers des entreprises menait à l’intérêt général. La croissance des inégalités sociales, dans les pays développés, comme dans l’axe Nord-Sud, les pollutions et les dérèglements environnementaux, ont montré que croissance économique et la maximisation seule du profit pouvaient être sources de profonds déséquilibres. Les entreprises du XXIème siècle devront alors concourir à la recherche équilibrée d’intérêts économiques, écologiques et sociaux, dans leur mode de fonctionnement comme dans les produits qu’elles commercialiseront.
5. La société du XXème siècle s’est construite autour de la société de consommation : cependant, les excès d’une société désormais surinvestie par les médias, la publicité et l’argent ont alimenté un sentiment de perte de sens généralisé. Le XXIème siècle se construira alors dans la quête d’une société du bien-être et de formes de spiritualités collectives, alimentées par les associations, les religions, les partis politiques, les femmes, les minorités et le pouvoir citoyen. Dans le monde occidental tout particulièrement, le XXIème siècle verra l’émergence du « citoyen », là où les actes de consommation prendront désormais un véritable sens éthique, écologique et social.
La crise financière de 2008 n’est donc pas qu’une crise de surproduction. Elle est également et surtout une crise de système, car elle remet en question le mode de fonctionnement même de la société moderne. Les excès de la finance mondiale, entraînée par une spirale de déresponsabilités confortables, ont participé à une déshumanisation progressive de l’économie, à tel point que cette dernière a semblé dériver de son objectif initial. A savoir celui de créer de la richesse sociale et de permettre à chacun d’avoir « un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires » (Déclaration Universelle des Droits de l’Homme» (1948).
2009 apparaît alors comme l’année charnière qui fait basculer les citoyens du monde dans une nouvelle époque. Celle d’une société durable.
Société construite autour de la transformation des modes de vie et de la rénovation des relations humaines, dans le cadre d’un projet commun de protection de la planète et de lutte contre le changement climatique.
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T. MERCIER
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On peut réfléchir au rôle de l’Etat en fonction des critères politiques et juridiques que nous connaissons tous.
Et regardez avec étonnement les contradictions dont nous sommes tous porteurs.
Voulons-nous un Etat qui se contente d’intervenir dans des situations extrêmes ou veut-on d’un Etat qui nous garantisse contre tous les risques ?
La crise semble nous faire basculer dans le tout Etat, mais en fait, n’est ce pas ce que notre système à générer depuis des décennies ?
Est-ce inéluctable ? Je fais partie de ceux qui croient que chaque homme a un riche potentiel et qu’il appartient à chacun d’être responsable d’abord de lui-même, mais aussi de chaque personne autour de lui. Est ce à dire que je réfute le rôle de l’Etat, non, mais il ne faut pas oublier que l’Etat, c’est nous et que ce n’est pas une entité qui existe dans une nébuleuse.
Le jour où on aura pris ou repris conscience de cela peut être parviendra t on à faire coincider exigences et necessité, il faut qu’on et il n’y a qu’à.
Si chacun au fond de sa conscience avait le sens du devoir, le sens de l’économie, le sens de ce qu’il fait, alors peut être que la société serait plus juste.
En cette veille de Pâques, il est permis de rêver qu’il y a des hommes qui regardent les choses telles qu’elles sont et qui se demandent pourquoi, il y a les hommes qui voient les choses telles qu’elles devraient être et qui se disent pourquoi Pas ?
je ne fais que reprendre une citation de Bob Kennedy qui lui même l’avait emprunté à oscar Wilde…
La responsabilité est au coeur de la notion devoir républicain.
Cependant, bien garder à l’esprit que les inégalités de naissance sont à l’origine des inégalités de vie.
Et que l’égalité des chances reste un voeu pieu.
A voir la croissance continue des inégalités de revenus depuis 1970 à 2000.
Responsabilités oui. Mais il faut que l’Etat donne les moyens aux moins fortunés d’avoir accès à des emplois stables et non précaires, à des credits a yaux raisonnables et a des logements decents.
Attention a ne pas céder à ses certitudes !
Je me méfie toujours des “attention” à… Chacun a son vécu, ses convictions, et personne n’a à donner de leçons à donner aux autres ; la première égalité commence là.
Quant aux certitudes, il faut bien s’en garder d’en avoir car quelques lignes pour appeler à la réflexion, n’explicitent jamais une pensée…
Quel rôle pour l’Etat ?
Plusieurs personnes ont été emprisonnées pour rien : pas une journée, mais des centaines de journées. Imaginez ce que cela fait d’être entre quatre murs avec la promiscuité, Imaginez ce que c’est que de voir son nom trainé dans la boue, parce que on vous accuse injustement d’un des crimes les pires au monde, imaginez, vous qui à l’heure où vous lirez ces quelques lignes, serez confortablement assis face à un écran, que des hommes et des femmes ont du subir des humiliations, jour après jour, injustement.
Nous vivons dans une démocratie avec ses règles et lorsque le système s’est trompé, on s’interroge et voilà que le juge concerné doit s’expliquer.
Et suite à ces explications, ses pairs concluent à la plus minime des sanctions.
Je ne vais pas rejoindre la cohorte de gens qui hurlent que les juges se protègent, que c’est une affaire de caste. Oui, bien sûr, c’est évident.
Je voudrais simplement évoquer un autre argument : peut être simpliste, ou par trop simplificateur, mais je souhaiterais rappeler qu’un des maux de notre époque est de vouloir trouver pour tout un responsable. Un tremblement de terre à lieu, mais qui donc a construit les maisons qui n’ont pas résisté ? Un ami d’un premier ministre tombe dans une piscine, aussitôt, des règlements sur les piscines sont pris qui finissent par nuire à la liberté chez vous. Un ascenseur tombe, voilà que toute la France doit dépenser des sommes folles pour éviter ce seul accident.
Deux objectifs, toujours, trouver un responsable et faire en sorte que l’accident ne puisse se reproduire, même si cet accident avait peu de chance de ses reproduire.
Est-ce excessif ? est-ce bien ?
Je ne sais pas, mais ce que je sais, c’est que je souhaiterais pouvoir vivre dans un pays où le risque d’aller en prison, d’être arraché à sa famille, à son travail, à sa liberté, n’existe pas ?
Or, l’affaire Outreau a démontré que c’était loin d’être le cas, et l’affaire Outreau n’est pas le seul exemple.
Alors je pose une question : qu’est ce qui peut être fait pour éviter que cela continue ? Quelle assurance doit on prendre ?
Juger le petit juge, était-ce la solution ?
Je répondrai, oui, faute de mieux ; un entrepreneur qui est dans son bureau et qui doit faire face à des accidents de travail a des ennuis à ne plus en finir, alors pourquoi le petit juge n’assumerait pas ses décisions ?
On le blâme…
Je me demande si en regardant le désastre humain que sa décision a entrainé - y compris la mort- ce n’est pas dans sa conscience que le petit juge devrait trouver la solution et s’il ne devrait pas démissionner, tout simplement.
Oui, c’est au niveau de la conscience que cela se joue.
Les systèmes ont failli, trop d’intérêts, trop de peurs, ont ils craint que condamner davantage le petit juge, c’était la porte ouverte à la responsabilité réellement assumée par chaque magistrat ? Et qu’ils n’y étaient pas prêts ?
Sans doute, mais inversement ne pas condamner le petit juge, c’est démontrer à tous les juges que si en privant de liberté des personnes innocentes pendant des années, ils ne risquent rien que risquent ils vraiment lorsqu’ils se trompent dans une condamnation moins lourde mais dramatique pour celui qui la vit ?
Au nom de la justice, au nom du droit des innocents qui chaque nuit se réveillent en songeant à ces années perdues,au nom de la culpabilité qui est dans votre coeur (?), monsieur le Juge, vous ne pouvez que démissionner.
Tout simplement en raison de votre dignité d’homme ?
Tout simplement parce que si vous n’étes coupable de rien, vous êtes bien sûr responsable…
Bonjour,
Article interessant. Ce projet de société est attrayant.
Reste a faire qu’il devienne une réalité ! ;o)