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Les rôles de l’entreprise du XXIème siècle

Lundi 15 décembre 2008

La crise que nous traversons présente l’atout de nous permettre de faire un arrêt sur image sur la situation économique de la France afin de diagnostiquer les erreurs que nous avons commises ces dernières années.

Des méthodes de management maladroitement empruntées au modèle anglo-saxon et inadaptées à notre pays ont servi de locomotive de croissance mais ont conduit à un libéralisme sauvage et à un mal être généralisé des salariés des entreprises.

La croissance artificielle pour beaucoup d’entreprises par un endettement croissant incontrôlé, la course aux objectifs des trimestres pour garnir les stocks options et les primes exceptionnelles de quelques apparatchiks du système, puis l’explosion d’une bulle incontrôlable nous ont remis devant nos responsabilités d’humain. Tel Sisyphe devant son rocher, nous voilà presque revenu à la case départ  avec comme devoir de repenser un système économique pour les décennies à venir afin que notre génération et les suivantes puissent préserver les acquis que nos aïeux ont mis tant d’efforts à construire.

Nous avons donc une responsabilité : celle de promouvoir un modèle de société envié par le reste du monde.

En effet, la France est attendue tel une aînée au sein de la famille Europe pour montrer la voie à un moment où beaucoup de fondements - sur lesquels notre économie de croissance s’est reposée -  s’effritent.

Il est de notre devoir citoyen d’être force de proposition pour notre avenir et donner des axes de réflexion à nos politiques pour les mener à bien ! Pourquoi ne pas commencer à raisonner enfin en tant que Nation chef de file de l’Europe, elle-même modèle pour les autres continents par les valeurs fortes incubées, fruits de l’héritage de notre longue Histoire millénaire.

Replaçons la création de valeurs économique et social, symbolisée par le dynamisme d’une PME, comme valeurs nobles et donc fondatrice de notre nouvel élan pour notre Nation !

En plaçant la PME comme pivot central de notre pensée économique, nous nous adressons à 99% des entreprises de notre pays, à plus de 2/3 des emplois et plus de la moitié du PIB national !

Mais cela demande une véritable remise en cause dans un pays où le corporatisme est roi, et dans lequel on pense qu’une société « sérieuse », « professionnelle » ne peut être qu’une « grande société avec beaucoup d’actionnaires ».

Pensez Libre nous permet de nous livrer à cet exercice et à réfléchir ensemble à quel serait le modèle de PME dans lequel nous nous sentirions fier de travailler. ‘Feel proud of your work and your company’ fanfaronnent les Américains.

Pour y arriver, nous pourrions par exemple commencer par définir 10 nouvelles idées pour définir un nouveau socle pour cette nouvelle entreprise européenne du 21ème siècle.

Voici quelques axes de réflexions pour lancer le débat :

-       une plus grande souplesse dans l’organisation du travail : le développement des nouveaux médias de communication et surtout l’essor d’Internet permettent de faire travailler un groupe de personnes géographiquement éclaté de manière solidaire. Nous pouvons désormais réfléchir à un mode de mesure du travail du salarié qui ne serait plus en heures travaillées mais en objectif à réaliser. Ainsi, si une personne atteint son objectif dans un contexte autre que celui dans lequel il évolue jusqu’à présent (par exemple, de chez lui 2 jours par semaine et 3 jours par semaine au bureau avec ses collègues), la notion de 35 heures ou 39 heures devient caduques. Seul compte l’objectif trimestriel, semestriel ou annuel fixé conjointement entre le salarié et son patron.

-       un nouveau système de répartition du capital : une entreprise est crée au départ par un capital apporté par des actionnaires. Au fil du temps, ce capital est fructifié par le travail de l’ensemble des salariés. Les salariés devraient donc automatiquement bénéficier d’un pourcentage de la plus value de ce capital. Ce mécanisme, facultatif, n’a été pensé que dans une logique d’intéressement aux bénéfices et non en termes de bonification social, à savoir le statut d’actionnaire dans la société.

-       le financement de l’entreprise par les salariés : à partir du moment où le capital d’une société est ouverte à ses salariés, pourquoi ne pas généraliser le principe d’ouverture d’une partie du capital ou de compte courant d’associés pour financer le besoin en fond de roulement d’une société et donc financer la croissance de l’entreprise par un autre moyen que l’endettement bancaire, très coûteux pour l’entreprise. L’entrepreneur, qui fait aujourd’hui appel à une banque pour un montant de découvert autorisé, et qui peut se voir à tout moment interdire cette ligne de crédit mettant en péril la vie de l’entreprise et de ses salariés, pourrait faire appel à eux pour assurer une partie de la gestion de sa trésorerie. Le salarié verrait son argent rémunéré suivant un taux journalier défini conjointement entre lui et son patron.

-       une ouverture sur l’étranger accrue : au sein d’un programme de développement des échanges économiques entre sociétés européennes, pourquoi ne pas imaginer un programme dans lequel des sociétés d’un même secteur échangerait des collaborateurs pendant quelques semaines par an pour les former aux méthodes de travail locales. Cela favoriserait les échanges commerciaux intra communautaire.

-       le parrainage : les plus anciens salariés ont beaucoup de choses à apprendre aux nouveaux salariés et les nouveaux salariés ont un œil neuf sur la société et donc beaucoup à apprendre aux plus anciens. Pourquoi ne pas définir un programme de parrainage obligatoire dans l’entreprise afin de faciliter l’intégration des équipes, la transmission de savoir et la fluidité de la connaissance.

-       la formation continue : par nature, le chef d’entreprise se préoccupe des salariés qui sont stratégiques pour lui et pas nécessairement de combattre les inégalités. Pourquoi ne pas rendre obligatoire la formation continue pour l’ensemble des salariés.

-       droit individuel à la formation (émancipation personnelle) : beaucoup de salariés dans les pays émergents se forment après leur journée de travail afin de changer d’orientation professionnel après quelques mois ou années dans un domaine d’activité. En France, les salariés qui souhaitent changer d’orientation professionnelle ne sont pas incités à le faire. En créant un droit individuel à la formation par salarié, celui ci pourrait changer de secteur d’activité et se voir déduire une partie de cette formation de ses impôts. Cela permettra également de détendre la fluidité du marché du travail.

-       l’innovation : allouons aux entreprises un budget obligatoire de recherche et développement afin qu’elle soit toujours à la recherche de nouveaux produits et services sur leur marché. Ce budget serait soit alloué directement au sein de l’entreprise soit au travers d’une société marraine ou d’un partenariat avec un établissement de l’enseignement supérieur.

-       la mutualisation des comités d’entreprise : afin que les salariés des petites entreprises puissent accéder aux mêmes services que les salariés des grands groupes, une petite entreprise pourrait accéder au même comité d’entreprise d’une société plus grande qu’elle, d’un même secteur d’activité ou même code APE. En échange, la société plus petite se verrait facturer un tarif forfaitaire pour l’utilisation du comité d’entreprise.

-       le développement des crèches d’entreprises : en Europe, les congés de maternité varient de quelques semaines à quelques mois. Mais, pour la productivité de son salarié, l’entreprise a tout intérêt à s’impliquer dans la politique familiale. En effet, 80% des mères continuent de travailler tout en élevant leurs enfants en bas âge. La crèche d’entreprise résout les problèmes d’absentéisme et rassure les parents ce qui contribue à instaurer un climat positif de travail.

Ces idées ne sont que quelques éléments de réflexions pour mener à bien une réforme profonde du rôle de l’entreprise pour le citoyen du XXI siècle. Nous vous invitons à contribuer à ce blog afin d’y apporter vos idées et que celui-ci serve de plate forme interactive d’échanges.

Et n’oubliez pas : toute idée est bonne à présenter même si elle vous paraît aux primes abords saugrenueou décalée !

Pensez libre !

A très bientôt !

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