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Catégorie : Rôles de l'entreprise

Vers une société durable

Lundi 6 avril 2009

Crise de 2008, crise de siècle

L’automne 2008 a été pour le moins animé sur les Bourses mondiales.

Dans la continuité d’une chute entamée depuis mi-2007, le système financier mondial a connu un éclatement majeur au dernier trimestre 2008. Depuis quelques temps déjà, les prix de l’immobilier, des matières premières et des denrées agricoles atteignaient des sommets, annonciateurs d’une profonde crise de surproduction et de spéculation.

Suite à la crise des crédits hypothécaires, l’éclatement de la dette des ménages américains a eu des répercussion en chaîne dans l’ensemble des pays et des secteurs mondiaux. A tel point que le risque systémique d’effondrement du système financier international a été à plusieurs reprises envisagé.

De la faillite de Lehman Brothers aux prises de contrôle de l’état américain sur les organismes Fannie, Mae et Freddie Mac, en passant par la recapitalisation en masse des banques européennes, le système financier mondial a connu une période de déstabilisation majeure, comparable à la grande crise de 1929.

Récession ? Dépression ?

Chaque économiste, chaque politique, chaque citoyen cherche à définir et comprendre cette crise dont personne ne parvient réellement à cerner les contours ni les responsabilités. Traumatisées par le spectre de la dépression économique des années 1930 et par le terrible conflit mondial qui en est sorti, les économies du monde entier ont toutes lancé des plans de relance publics et privés, afin de soutenir la consommation et l’investissement et tenter d’éviter une spirale déflationniste globale. Plan de relance américain de 800 milliards de dollars, initiatives publiques européennes de 1,5% du PIB, les Etats sont massivement intervenus sur les marchés pour soutenir les banques, les investissements des entreprises et la consommation des ménages.

Au-delà d’une de la nécessaire dynamique de plans de sauvetage à court-terme, une question centrale demeure cependant : qui est responsable ? que doit-on changer ?

Une réponse un peu vague entrée dans le langage courant est du type « tout le monde et personne à la fois ». « Tout le monde » car cette crise est la résultante de l’effondrement d’un système global, prévisible depuis plusieurs décennies, et « personne » parce que personne n’avait intérêt à le remettre en cause.

Au cours de l’année 2008, les cours boursiers mondiaux ont chuté de 50% dans le sillage de l’éclatement simultané des bulles des matières premières, du secteur immobilier et des denrées agricoles.

Cependant, si les mécanismes de la crise de 2008 sont bien ceux d’une crise de surproduction et de spéculation, de surévaluation de la demande et des prix, les causes fondamentales en semblent cependant bien plus profondes.

Les causes de la crise de 2008 semblent en effet se trouver au cœur-même des piliers qui ont construit le capitalisme financier du XXème siècle.

Si le XXème siècle a permis la reconstruction occidentale et des accès réels à une société de confort, la crise financière de 2008 semble confirmer que, depuis quelques décennies, le système économique et politique mondial reposait sur des déséquilibres structurels, qui rendaient cette crise inévitable.

Le XXIème siècle a fait une entrée fracassante dans notre quotidien avec les terribles attentats du 11 septembre 2001 contre les tours du World Trade Center. Ces mêmes attentats ayant été suivis de la guerre en Irak, de l’arrivée de nouvelles puissances sur la scène géopolitique mondiale et de la crise financière de 2008.

Ces signaux mettent en lumière un profond changement d’époque, un changement des équilibres politiques, économiques, écologiques et sociaux. Le XXème siècle a connu une forte dynamique économique et commerciale, basée sur cinq piliers de croissance, mais qui sont aujourd’hui dépassés.

1. La croissance économique du XXème siècle a été fondée sur l’économie du pétrole : elle est aujourd’hui remise en cause par l’épuisement progressif des ressources fossiles et par les dérèglements climatiques causés par l’activité industrielle humaine.

Le Protocole de Kyoto donne depuis 1997 un cadre de coopération internationale dans la lutte contre le changement climatique : afin de limiter l’augmentation de la température terrestre à 2-3 degrés d’ici 2100, le XXIème siècle met en place une dynamique de ressources chères et d’énergies propres. La crise de 2008 révèle une profonde crise de transition énergétique, au sens où elle place les nations du monde entier dans un contexte de pénurie de ressources et de recherche de nouveaux modèles de croissance verte, autour d’une économie décarbonée.

2. Le système géopolitique du XXème siècle a été structuré autour du leadership des Etats-Unis : il semble aujourd’hui en voie d’une recomposition multipolaire, constituée autour de nouvelles lignes de forces, marquées par la montée en puissance des économies émergentes comme le Brésil ou l’Inde, et le retour sur la scène internationale d’acteurs majeurs comme la Chine, la Russie et le Moyen-Orient. Ce nouvel ordre mondial sera source de tensions énergétiques et gépolitiques, mais aussi d’opportunités de coopération dans la lutte contre le changement climatique.

3. L’économie du XXème siècle s’est structurée dans un processus de dérégulation constante, à tel point que les Etats ont été nettement dépossédés de leur pouvoir économique. Le XXIème siècle verra sans doute un retour partiel de politiques économiques publiques plus volontaires, où les Etats du monde occidental comme des pays émergents deviendront de véritables pilotes économiques au travers de partenariats publics et privés.

4. L’économie du XXème s’est construite autour de la notion de maximisation du profit : le système financier mondial s’est bâti autour du postulat que la maximisation des intérêts particuliers des entreprises menait à l’intérêt général. La croissance des inégalités sociales, dans les pays développés, comme dans l’axe Nord-Sud, les pollutions et les dérèglements environnementaux, ont montré que croissance économique et la maximisation seule du profit pouvaient être sources de profonds déséquilibres. Les entreprises du XXIème siècle devront alors concourir à la recherche équilibrée d’intérêts économiques, écologiques et sociaux, dans leur mode de fonctionnement comme dans les produits qu’elles commercialiseront.

5. La société du XXème siècle s’est construite autour de la société de consommation : cependant, les excès d’une société désormais surinvestie par les médias, la publicité et l’argent ont alimenté un sentiment de perte de sens généralisé. Le XXIème siècle se construira alors dans la quête d’une société du bien-être et de formes de spiritualités collectives, alimentées par les associations, les religions, les partis politiques, les femmes, les minorités et le pouvoir citoyen. Dans le monde occidental tout particulièrement, le XXIème siècle verra l’émergence du « citoyen », là où les actes de consommation prendront désormais un véritable sens éthique, écologique et social.

La crise financière de 2008 n’est donc pas qu’une crise de surproduction. Elle est également et surtout une crise de système, car elle remet en question le mode de fonctionnement même de la société moderne. Les excès de la finance mondiale, entraînée par une spirale de déresponsabilités confortables, ont participé à une déshumanisation progressive de l’économie, à tel point que cette dernière a semblé dériver de son objectif initial. A savoir celui de créer de la richesse sociale et de permettre à chacun d’avoir « un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires » (Déclaration Universelle des Droits de l’Homme» (1948).

2009 apparaît alors comme l’année charnière qui fait basculer les citoyens du monde dans une nouvelle époque. Celle d’une société durable.

Société construite autour de la transformation des modes de vie et de la rénovation des relations humaines, dans le cadre d’un projet commun de protection de la planète et de lutte contre le changement climatique.

Version PDF téléchargeable : Vers une société durable

T. MERCIER

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ETRE ENTREPRENEUR EN TEMPS DE CRISE

Mercredi 18 février 2009

Chers amis,

La France sortira de la crise, le jour où les français et les entrepreneurs reprendront confiance dans l’avenir. En attendant, les entreprises et leurs salariés vont devoir adapter leurs comportements à ce nouveau contexte. 

Comment traverser cette période ? Qu’attendre des pouvoirs publics ? 

Pensez Libre vous propose d’écouter l’avis de deux entrepreneurs :

  • Paul Dubrule : Co-Président fondateur du groupe ACCOR
  • Frédéric Bedin : Président de Croissance Plus et directeur général du Public System

 

”  ETRE ENTREPRENEUR EN TEMPS DE CRISE “

 

à l’Hôtel de l’Industrie, 4 place St Germain des Prés, 75006 PARIS à 19H précises le 4 mars  2009.

 

Nous comptons sur votre présence !

 

Amicalement

Stéphane Brabant
Olivier Mousson

Rôles de l'entreprise

Les rôles de l’entreprise du XXIème siècle

Lundi 15 décembre 2008

La crise que nous traversons présente l’atout de nous permettre de faire un arrêt sur image sur la situation économique de la France afin de diagnostiquer les erreurs que nous avons commises ces dernières années.

Des méthodes de management maladroitement empruntées au modèle anglo-saxon et inadaptées à notre pays ont servi de locomotive de croissance mais ont conduit à un libéralisme sauvage et à un mal être généralisé des salariés des entreprises.

La croissance artificielle pour beaucoup d’entreprises par un endettement croissant incontrôlé, la course aux objectifs des trimestres pour garnir les stocks options et les primes exceptionnelles de quelques apparatchiks du système, puis l’explosion d’une bulle incontrôlable nous ont remis devant nos responsabilités d’humain. Tel Sisyphe devant son rocher, nous voilà presque revenu à la case départ  avec comme devoir de repenser un système économique pour les décennies à venir afin que notre génération et les suivantes puissent préserver les acquis que nos aïeux ont mis tant d’efforts à construire.

Nous avons donc une responsabilité : celle de promouvoir un modèle de société envié par le reste du monde.

En effet, la France est attendue tel une aînée au sein de la famille Europe pour montrer la voie à un moment où beaucoup de fondements - sur lesquels notre économie de croissance s’est reposée -  s’effritent.

Il est de notre devoir citoyen d’être force de proposition pour notre avenir et donner des axes de réflexion à nos politiques pour les mener à bien ! Pourquoi ne pas commencer à raisonner enfin en tant que Nation chef de file de l’Europe, elle-même modèle pour les autres continents par les valeurs fortes incubées, fruits de l’héritage de notre longue Histoire millénaire.

Replaçons la création de valeurs économique et social, symbolisée par le dynamisme d’une PME, comme valeurs nobles et donc fondatrice de notre nouvel élan pour notre Nation !

En plaçant la PME comme pivot central de notre pensée économique, nous nous adressons à 99% des entreprises de notre pays, à plus de 2/3 des emplois et plus de la moitié du PIB national !

Mais cela demande une véritable remise en cause dans un pays où le corporatisme est roi, et dans lequel on pense qu’une société « sérieuse », « professionnelle » ne peut être qu’une « grande société avec beaucoup d’actionnaires ».

Pensez Libre nous permet de nous livrer à cet exercice et à réfléchir ensemble à quel serait le modèle de PME dans lequel nous nous sentirions fier de travailler. ‘Feel proud of your work and your company’ fanfaronnent les Américains.

Pour y arriver, nous pourrions par exemple commencer par définir 10 nouvelles idées pour définir un nouveau socle pour cette nouvelle entreprise européenne du 21ème siècle.

Voici quelques axes de réflexions pour lancer le débat :

-       une plus grande souplesse dans l’organisation du travail : le développement des nouveaux médias de communication et surtout l’essor d’Internet permettent de faire travailler un groupe de personnes géographiquement éclaté de manière solidaire. Nous pouvons désormais réfléchir à un mode de mesure du travail du salarié qui ne serait plus en heures travaillées mais en objectif à réaliser. Ainsi, si une personne atteint son objectif dans un contexte autre que celui dans lequel il évolue jusqu’à présent (par exemple, de chez lui 2 jours par semaine et 3 jours par semaine au bureau avec ses collègues), la notion de 35 heures ou 39 heures devient caduques. Seul compte l’objectif trimestriel, semestriel ou annuel fixé conjointement entre le salarié et son patron.

-       un nouveau système de répartition du capital : une entreprise est crée au départ par un capital apporté par des actionnaires. Au fil du temps, ce capital est fructifié par le travail de l’ensemble des salariés. Les salariés devraient donc automatiquement bénéficier d’un pourcentage de la plus value de ce capital. Ce mécanisme, facultatif, n’a été pensé que dans une logique d’intéressement aux bénéfices et non en termes de bonification social, à savoir le statut d’actionnaire dans la société.

-       le financement de l’entreprise par les salariés : à partir du moment où le capital d’une société est ouverte à ses salariés, pourquoi ne pas généraliser le principe d’ouverture d’une partie du capital ou de compte courant d’associés pour financer le besoin en fond de roulement d’une société et donc financer la croissance de l’entreprise par un autre moyen que l’endettement bancaire, très coûteux pour l’entreprise. L’entrepreneur, qui fait aujourd’hui appel à une banque pour un montant de découvert autorisé, et qui peut se voir à tout moment interdire cette ligne de crédit mettant en péril la vie de l’entreprise et de ses salariés, pourrait faire appel à eux pour assurer une partie de la gestion de sa trésorerie. Le salarié verrait son argent rémunéré suivant un taux journalier défini conjointement entre lui et son patron.

-       une ouverture sur l’étranger accrue : au sein d’un programme de développement des échanges économiques entre sociétés européennes, pourquoi ne pas imaginer un programme dans lequel des sociétés d’un même secteur échangerait des collaborateurs pendant quelques semaines par an pour les former aux méthodes de travail locales. Cela favoriserait les échanges commerciaux intra communautaire.

-       le parrainage : les plus anciens salariés ont beaucoup de choses à apprendre aux nouveaux salariés et les nouveaux salariés ont un œil neuf sur la société et donc beaucoup à apprendre aux plus anciens. Pourquoi ne pas définir un programme de parrainage obligatoire dans l’entreprise afin de faciliter l’intégration des équipes, la transmission de savoir et la fluidité de la connaissance.

-       la formation continue : par nature, le chef d’entreprise se préoccupe des salariés qui sont stratégiques pour lui et pas nécessairement de combattre les inégalités. Pourquoi ne pas rendre obligatoire la formation continue pour l’ensemble des salariés.

-       droit individuel à la formation (émancipation personnelle) : beaucoup de salariés dans les pays émergents se forment après leur journée de travail afin de changer d’orientation professionnel après quelques mois ou années dans un domaine d’activité. En France, les salariés qui souhaitent changer d’orientation professionnelle ne sont pas incités à le faire. En créant un droit individuel à la formation par salarié, celui ci pourrait changer de secteur d’activité et se voir déduire une partie de cette formation de ses impôts. Cela permettra également de détendre la fluidité du marché du travail.

-       l’innovation : allouons aux entreprises un budget obligatoire de recherche et développement afin qu’elle soit toujours à la recherche de nouveaux produits et services sur leur marché. Ce budget serait soit alloué directement au sein de l’entreprise soit au travers d’une société marraine ou d’un partenariat avec un établissement de l’enseignement supérieur.

-       la mutualisation des comités d’entreprise : afin que les salariés des petites entreprises puissent accéder aux mêmes services que les salariés des grands groupes, une petite entreprise pourrait accéder au même comité d’entreprise d’une société plus grande qu’elle, d’un même secteur d’activité ou même code APE. En échange, la société plus petite se verrait facturer un tarif forfaitaire pour l’utilisation du comité d’entreprise.

-       le développement des crèches d’entreprises : en Europe, les congés de maternité varient de quelques semaines à quelques mois. Mais, pour la productivité de son salarié, l’entreprise a tout intérêt à s’impliquer dans la politique familiale. En effet, 80% des mères continuent de travailler tout en élevant leurs enfants en bas âge. La crèche d’entreprise résout les problèmes d’absentéisme et rassure les parents ce qui contribue à instaurer un climat positif de travail.

Ces idées ne sont que quelques éléments de réflexions pour mener à bien une réforme profonde du rôle de l’entreprise pour le citoyen du XXI siècle. Nous vous invitons à contribuer à ce blog afin d’y apporter vos idées et que celui-ci serve de plate forme interactive d’échanges.

Et n’oubliez pas : toute idée est bonne à présenter même si elle vous paraît aux primes abords saugrenueou décalée !

Pensez libre !

A très bientôt !

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