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Catégorie : Rôles de l'entreprise

Une crise révélatrice d’inégalités. Les femmes subissent d’avantage les effet de la crise

Samedi 17 octobre 2009

UNE CRISE REVELATRICE INEGALITES HOMMES FEMMES ELLES SUBISSENT DAVANTANGE LES EFFETS DE LA CRISE
Une coopération UNION/ONU pour tenter de trouver des solutions.

La crise financière touche les femmes différemment que les hommes
(Commissions)
Droits de la femme/Egalité des chances - 30-09-2009 - 19:30

La commission des droits de la femme et de l’égalité des genres du Parlement européen a débattu, le 30 septembre, en présence de la directrice du Bureau du Fonds de développement de l’ONU pour la femme (UNIFEM), Osnat Lubrani, de la différence d’impact de la crise financière sur les hommes et sur les femmes. Mme Lubrani a souligné que les femmes avaient été plus durement touchées, principalement les immigrées et les plus pauvres. Elle a plaidé pour un partenariat solide entre le Parlement européen et l’ONU sur cette question afin d’aboutir à des mesures plus performantes, notamment afin de permettre d’améliorer les connaissances des femmes sur les questions financières.

Comment inciter les femmes à améliorer leur connaissance des questions financières, créer de nouveaux marchés du travail moins divisés entre femmes et hommes ainsi qu’encourager les filles à choisir des emplois techniques, autant de questions qui ont intéressé les députés. De bons exemples et des solutions peuvent être trouvés en Europe, a souligné Mme Lubrani. Un partenariat solide entre l’ONU et l’UE conduirait à une meilleure performance et à plus d’efficacité, selon elle. La présidente de la Commission parlementaire, Eva-Britt Svensson (GUE / NGL, SE), a souligné que la crise est un défi porteur de changements. Toutefois, elle a regretté que l’économie en revienne à traiter des affaires courantes. Des exigences réalistes de changement doivent être mises en avant, a-t-elle insisté.

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http://www.europarl.europa.eu/news/expert/infopress_page/014-61364-271-09-40-902-20090928IPR61363-28-09-2009-2009-false/default_fr.htm

Rôles de l'entreprise, Travail & vie personnelle

Etre entrepreneur en temps de crise

Vendredi 5 juin 2009

Les Rencontres de Pensez Libre

Etre Entrepreneur en temps de crise

Invités Paul Dubrule et Frédéric Bedin

Débat animé par Stéphane Brabant et Olivier Mousson

Hôtel de l’Industrie Saint-Germain-des-Prés, mercredi 4 mars 2009

Les Rencontres de Pensez Libre ont lieu tous les mois à Paris, dans un lieu riche d’histoire, l’Hôtel de l’Industrie, où siège depuis 1801 la première association de France, la Société d’Encouragement à l’Industrie, créée par Bonaparte dont l’objet était l’encouragement de l’industrie.

Depuis cette date, le Cercle de l’Industrie sis Place Saint-Germain des prés dans l’Hôtel du même nom a été le haut lieu des dépôts de brevets, d’exposition de machines ou encore d’attribution de financements industriels et scientifiques. Aujourd’hui encore, la Société d’Encouragement récompense des chefs d’entreprise dont la contribution à l’industrie de notre pays au sens du XXIe est incontestable. Nos deux invités de ce jour ont d’ailleurs été lauréats voici plusieurs années de la Société d’Encouragement.

Présentation des Invités

Paul Dubrule, Président Fondateur du Groupe Accor

A la veille de 1968, Paul Dubrule ouvre son premier hôtel : 1 client le premier soir, 0 le second soir, 2 le troisième… puis les tourments de 68. Pas de chance. Aujourd’hui, Accor a ouvert plus de 4000 hôtels dans le monde et emploie plus de 135000 salariés. De cette expérience, une philosophie : ce n’est pas parce que l’on traverse des événements difficiles qu’il ne faut pas persévérer !

Frédéric Bedin, Président Directeur Général Public Système, Président de Croissance +

Déjà étudiant à Dauphine, Frédéric organisait des événements pour étudiants. Aujourd’hui à la tête de Public Système, 5egroupe mondial en Communication et événementiel, il reste extrêmement optimiste quant au rôle d’Entrepreneur en temps de crise. Etre entrepreneur, c’est être libre, libre de faire des choix, de s’adapter, d’aller à contre-courant, d’avancer selon l’air du temps !

Introduction

Nul aujourd’hui ne peut rester indifférent à la préoccupation majeure des Français : la crise. Il nous parait évident que les entrepreneurs sont au cœur des solutions à cette crise.

L’objectif de cette table ronde est, au travers des témoignages et de l’expérience de nos invités et de l’assistance, composée à plus de 50 % de chefs ou créateurs d’entreprises, de comprendre en quoi les fondamentaux de l’Entreprise peuvent constituer une clé incontournable à la sortie de crise.

Dans un contexte où l’on qualifie volontiers l’entreprise comme « moteur », « modernisateur » de notre société, et où elle doit faire face aux délocalisations, à une financiarisation et une judiciarisation à outrance, va-t-on du fait de cette crise retourner à des valeurs traditionnelles de l’entreprise et de l’entrepreneur ?

Entreprendre en temps de crise :

Est-ce raisonnable ?

Paul Dubrule :

La période faste pour la création d’entreprise, c’est bien en temps de crise… Pour ceux qui souhaitent aujourd’hui monter leur entreprise, une multitude d’opportunités existent : en effet, les crises sont des périodes fastes pour la  création d’activité, et des périodes particulièrement difficiles pour les entreprises existantes.

Il semble nécessaire de faire le tri dans les valeurs traditionnelles. Voici encore moins d’un an, on pouvait monter un hôtel sans fonds propres avec 100% de financement, c’était criminel de la part des banquiers. Lorsque les premiers hôtels de ce qui devint le Groupe Accord ont été construits, 50% maximum de l’investissement étaient financés.

C’est ainsi que la crise a dévoilé l’existence d’entrepreneurs qui n’avaient pas de répondant financier.

Une bonne approche peut être de «  faire le dos rond » en période difficile et de « mettre de côté » en période plus réjouissante.

Mais quelles opportunités ?

Paul Dubrule :

Est convaincu que le créateur en herbe ne doit pas avoir d’idée préconçue, ne pas suivre l’air du temps, être en total décalage, prendre le contrepieds des idées reçues, du consensus et… de ce que disent les banquiers !

De bons gages de réussite : pas de tabous, de la lucidité, de l’énergie et un peu de chance. L’atout majeur de la jeunesse est que si l’on fait des erreurs, on peut se relever rapidement.

Les fondamentaux d’une entreprise qui dure : une décision convenable et beaucoup de travail.

Frédéric Bedin

Pas besoin d’être jeune pour entreprendre,  la jeunesse est dans la tête ! De toutes façons, les coups que prend l’entrepreneur sont surtout psychologiques…

Une bonne entreprise part d’un besoin et d’une idée - exemple Emmaüs, formidable initiative qui aurait pu déboucher sur…Ebay !

La crise : une opportunité pour se recentrer sur les priorités de l’Entreprise.

Frédéric Bedin

Souligne avec insistance que la période de crise permet de mettre en exergue la nécessité absolue de se préoccuper des besoins des gens. L’Entrepreneur part du besoin d’un consommateur ou des clients potentiels et pilote son activité selon 3 indicateurs essentiels : ses clients, ses collaborateurs et la finance.

Les Clients

Ils sont le bien le plus précieux de l’entreprise ; il faut les rassurer, montrer qu’on est là.

Ils ne sont pas une masse homogène et ne doivent pas être traités comme tels.

Ils peuvent  changer d’avis et de comportement très rapidement, comme on a pu le constater sur les trois derniers mois auprès des acheteurs d’automobiles : on ne projette plus sa personnalité dans sa voiture, qui est de moins en moins un indicateur d’un statut social.

L’évolution du marketing est passionnante ; les cibles traditionnelles se disloquent, les besoins des consommateurs évoluent (par exemple pour l’automobile), et se recrée un « marketing de communautés » par l’événementiel et par le web.

Lorsque le chef d’entreprise prend le temps de se préoccuper du besoin du consommateur, il peut se recentrer sur le vrai sens des choses et recréer des liens affinitaires dans une communauté de consommateurs.

Il peut être nécessaire de créer de multiples communautés pour couvrir un marché et constituer une activité.

Les Collaborateurs :

Ils sont tout aussi affectés par la situation actuelle, mais on a le pouvoir et le devoir de dialoguer directement avec eux et s’il le faut, d’adapter le nombre de salariés à l’entreprise. Il faut le faire avec une grande justice, et surtout pas pour préserver la finance, mais pour préserver le job des autres.

La Finance :

Paradoxalement, beaucoup d’entreprises qui ont assis leur activité n’ont pas de problèmes de prêt ou de financement en ce moment.

Au-delà des considérations économiques et financières, nous traversons une crise du désir, de trop de désirs, de trop de facilités d’accéder à ses désirs. On peut espérer que cette crise redonne du sens à l’étymologie du mot société, lieu où l’on s’organise à plusieurs, pour donner plus de relief à l’importance d’être associés.

Entreprendre : nouveau sens, nouvelles pistes ?

Frédéric Bedin

Oser créer des entreprises aujourd’hui dans des secteurs d’activité qui existent déjà, mais en partant de zéro, est un atout concurrentiel . Cette démarche permet de s’affranchir de la lourdeur des structures et des procédures existantes.

De nombreux services ne sont pas encore pourvus, et de telles ouvertures autorisent à être extrêmement optimiste.

l’Entertainment, cœur du métier du Public Système, fait vivre des milliers de salariés et des états entiers tels que la Californie. Et nul besoin de capitaux pour se lancer !

L’entreprise tient aujourd’hui une place significative dans le monde de la communication, elle a été parmi les premières à avoir mis dans la même société différents métiers apparentés :

· l’événementiel,

· les relations publiques

· le conseil en marketing,

· le développement web

· les médias sociaux etc.

Et  découper son activité en tranches transversales  telles que :

· la culture

· le cinéma

· la musique

· la haute technologie

· l’industrie pharmaceutique.

Cette organisation matricielle s’est complexifiée avec le temps. Public Système investit principalement dans des startups basées sur de nouveaux modes de communications, telles que les média sociaux.

Etre sur internet aujourd’hui, c’est être actif dans les média sociaux, ce n’est plus seulement avoir un site web !

La position tenue depuis plusieurs mois par Croissance Plus montre qu’il existe des solutions de croissance bien réelles :

· les Green Techs,

· les énergies renouvelables,

· le recyclage,

· la valorisation des déchets,

· les entreprises dédiées aux services à la personne… ces dernières  sont aujourd’hui celles qui croissent le plus vite (par exemple le bricolage à  domicile, la santé, l’éducation, la garde d’enfants). C’est ainsi que les crèches privées en création connaissent une bien meilleure croissance que beaucoup de start ups.

Enfin, les industries d’aujourd’hui sont les industries de l’immatériel, il faudrait en créer notamment dans les pays qui nous envoient des travailleurs.

Dans les domaines de l’entertainment et des médias, pas besoin de capital, un papier blanc et des amis sont la base essentielle d’un bon démarrage !

Frédéric Bedin lance un challenge : pour créer aujourd’hui le Public Système de demain, il faut commencer maintenant !

Entreprise et finance

Paul Dubrule :

Affirme clairement, sans la bourse, Accor n’aurait jamais existé.

Quand les dirigeants disaient encore récemment en Conseil d’Administration, qu’ils allaient « rendre l’argent aux actionnaires », soit 2 milliards en 2 ans ainsi « rendus aux actionnaires », on peut être réservé quant à la  méthode, clairement prisonnière d’une logique de répondre à la demande du marché.

Pourquoi ceux qui avaient prévu cette crise n’ont pas été écoutés ? N’est-on pas allé beaucoup trop loin pour protéger l’actionnaire ?

On a pu voir parfois avec quelle facilité on pu être mises en place des règles de gouvernance qui ont permis une totale manipulation de la stratégie financière de l’entreprise.

L’importance est fondamentale d’être à l’écoute des besoins et d’ être professionnel dans son métier. Une spécialisation forte est bénéfique dans les services.

En cette période de crise, inventons aujourd’hui les métiers qui répondrons aux besoins de l’avenir.

Pourquoi ne pas songer à créer par exemple la chambre à moins de 20€, soit la moitié du prix de Formule 1 ? Pour les gens qui voyagent, les familles, les gens qui se séparent…

Paul Dubrule et Frédéric Bedin :

En France, le monde de l’entreprise finance 1,5 fois plus la solidarité nationale que dans les autres pays européens . Cette situation ne peut perdurer, la reprise ne se fera pas sans des réformes majeures, que le gouvernement ne semble pas prêt à faire.

Frédéric Bedin :

Quelles sont les raisons pour lesquelles le document de 75 pages rédigées par les plus grands économistes de Bercy sur la Revue Générale des Prélèvements Obligatoires (RGPO)  a été enterré par le gouvernement aux prémices de la crise. Les conclusions dérangeraient-elles ?

L’adhésion des salariés à l’Entreprise ?

Frédéric Bedin :

Etre entrepreneur, c’est avoir des projets quel que soit le temps qu’il fait.

Ce qui motive les salariés, c’est d’être associés à ces projets. L’entrepreneur doit bien expliquer le projet aux salariés et les laisser faire la part des choses, du temps qu’ils y consacrent et du temps qu’ils consacrent à leurs enfants…

Le salarié doit trouver une forme d’intérêt à la croissance de l’entreprise, bien au-delà des obligations légales.

C’est ainsi que Croissance + persiste à inciter les chefs d’entreprise à donner beaucoup plus qu’un tiers de ses bénéfices aux salariés et ne souscrit pas d’emblée à l’adage actuel du 1/3, 1/3, 1/3.

Paul Dubrule :

Hormis la dimension financière, le chef d’entreprise doit donner toute sa place à la formation permanente. Chacun doit pouvoir faire de la connaissance ce qu’il en décide. Ce qu’un salarié apprend dans l’entreprise, comme chez Accor, il doit pouvoir le valoriser ailleurs,.

Entreprendre en France : projet collectif à la sortie de crise ?

Des solutions de sortie de crise peuvent être ébauchées en associant les réflexions de tous : quelques Thinktanks tels que Croissance Plus, fondé voici 12 ans et rassemblant aujourd’hui 350 entrepreneurs, sont reçus par le gouvernement.

Paul Dubrule :

Est convaincu que la plus value des entreprises se fera de plus en plus sur des activités d’innovation et de services et non plus dans l’industrie traditionnelle aidée à coups d’aides massives et de plans de relance. Donner de l’argent aux constructeurs automobiles est une erreur majeure. La situation est identique pour l’automobile aujourd’hui comme elle l’était pour les charbonnages voici plusieurs décennies. On savait que cela ne durerait pas, cependant les Charbonnages n’avaient rien fait pour reconvertir leur personnel…

Et pourtant, d’autres voies s’ouvrent sur des activités « industrielles » d’un nouveau type : celles du culturel et de l’immatériel par exemple, qui ont vocation à rester dans notre pays car peu délocalisables.

L’industrie n’est pas moribonde, elle doit être réinventée. On peut citer de nombreux exemples réussis d’entreprises industrielles ayant massivement investi dans l’innovation et le recrutement d’ingénieurs qualifiés pour inventer le produit qui permet de faire la vraie différence concurrentielle et l’importance d’initiative d’aides aux créateurs telles que le réseau Entreprendre qui octroie des prêts de 50 à 400K€.

Frédéric Bedin :

Cite l’exemple d’un membre de Croissance Plus qui a repositionné en quelques années les vélos Look en liquidation à Nevers sur le marché confidentiel du très haut de gamme et compte désormais 250 ouvriers sur le territoire. L’anecdote irrésistible, c’est que l’équipe olympique cycliste chinoise se fournit chez Look…

Ose affirmer haut et fort : le créateur d’entreprise est libre ! Et c’est très excitant !

Les Entrepreneurs sont « des gens bien », qui savent prendre des risques et aller de l’avant, peu nombreux sont ceux qui positionnent l’argent au centre de leurs préoccupations. Un grand nombre d’entre eux visent le bien-être et le bien-vivre dans notre société.

Fin

Rôles de l'entreprise

Vers une société durable

Lundi 6 avril 2009

Crise de 2008, crise de siècle

L’automne 2008 a été pour le moins animé sur les Bourses mondiales.

Dans la continuité d’une chute entamée depuis mi-2007, le système financier mondial a connu un éclatement majeur au dernier trimestre 2008. Depuis quelques temps déjà, les prix de l’immobilier, des matières premières et des denrées agricoles atteignaient des sommets, annonciateurs d’une profonde crise de surproduction et de spéculation.

Suite à la crise des crédits hypothécaires, l’éclatement de la dette des ménages américains a eu des répercussion en chaîne dans l’ensemble des pays et des secteurs mondiaux. A tel point que le risque systémique d’effondrement du système financier international a été à plusieurs reprises envisagé.

De la faillite de Lehman Brothers aux prises de contrôle de l’état américain sur les organismes Fannie, Mae et Freddie Mac, en passant par la recapitalisation en masse des banques européennes, le système financier mondial a connu une période de déstabilisation majeure, comparable à la grande crise de 1929.

Récession ? Dépression ?

Chaque économiste, chaque politique, chaque citoyen cherche à définir et comprendre cette crise dont personne ne parvient réellement à cerner les contours ni les responsabilités. Traumatisées par le spectre de la dépression économique des années 1930 et par le terrible conflit mondial qui en est sorti, les économies du monde entier ont toutes lancé des plans de relance publics et privés, afin de soutenir la consommation et l’investissement et tenter d’éviter une spirale déflationniste globale. Plan de relance américain de 800 milliards de dollars, initiatives publiques européennes de 1,5% du PIB, les Etats sont massivement intervenus sur les marchés pour soutenir les banques, les investissements des entreprises et la consommation des ménages.

Au-delà d’une de la nécessaire dynamique de plans de sauvetage à court-terme, une question centrale demeure cependant : qui est responsable ? que doit-on changer ?

Une réponse un peu vague entrée dans le langage courant est du type « tout le monde et personne à la fois ». « Tout le monde » car cette crise est la résultante de l’effondrement d’un système global, prévisible depuis plusieurs décennies, et « personne » parce que personne n’avait intérêt à le remettre en cause.

Au cours de l’année 2008, les cours boursiers mondiaux ont chuté de 50% dans le sillage de l’éclatement simultané des bulles des matières premières, du secteur immobilier et des denrées agricoles.

Cependant, si les mécanismes de la crise de 2008 sont bien ceux d’une crise de surproduction et de spéculation, de surévaluation de la demande et des prix, les causes fondamentales en semblent cependant bien plus profondes.

Les causes de la crise de 2008 semblent en effet se trouver au cœur-même des piliers qui ont construit le capitalisme financier du XXème siècle.

Si le XXème siècle a permis la reconstruction occidentale et des accès réels à une société de confort, la crise financière de 2008 semble confirmer que, depuis quelques décennies, le système économique et politique mondial reposait sur des déséquilibres structurels, qui rendaient cette crise inévitable.

Le XXIème siècle a fait une entrée fracassante dans notre quotidien avec les terribles attentats du 11 septembre 2001 contre les tours du World Trade Center. Ces mêmes attentats ayant été suivis de la guerre en Irak, de l’arrivée de nouvelles puissances sur la scène géopolitique mondiale et de la crise financière de 2008.

Ces signaux mettent en lumière un profond changement d’époque, un changement des équilibres politiques, économiques, écologiques et sociaux. Le XXème siècle a connu une forte dynamique économique et commerciale, basée sur cinq piliers de croissance, mais qui sont aujourd’hui dépassés.

1. La croissance économique du XXème siècle a été fondée sur l’économie du pétrole : elle est aujourd’hui remise en cause par l’épuisement progressif des ressources fossiles et par les dérèglements climatiques causés par l’activité industrielle humaine.

Le Protocole de Kyoto donne depuis 1997 un cadre de coopération internationale dans la lutte contre le changement climatique : afin de limiter l’augmentation de la température terrestre à 2-3 degrés d’ici 2100, le XXIème siècle met en place une dynamique de ressources chères et d’énergies propres. La crise de 2008 révèle une profonde crise de transition énergétique, au sens où elle place les nations du monde entier dans un contexte de pénurie de ressources et de recherche de nouveaux modèles de croissance verte, autour d’une économie décarbonée.

2. Le système géopolitique du XXème siècle a été structuré autour du leadership des Etats-Unis : il semble aujourd’hui en voie d’une recomposition multipolaire, constituée autour de nouvelles lignes de forces, marquées par la montée en puissance des économies émergentes comme le Brésil ou l’Inde, et le retour sur la scène internationale d’acteurs majeurs comme la Chine, la Russie et le Moyen-Orient. Ce nouvel ordre mondial sera source de tensions énergétiques et gépolitiques, mais aussi d’opportunités de coopération dans la lutte contre le changement climatique.

3. L’économie du XXème siècle s’est structurée dans un processus de dérégulation constante, à tel point que les Etats ont été nettement dépossédés de leur pouvoir économique. Le XXIème siècle verra sans doute un retour partiel de politiques économiques publiques plus volontaires, où les Etats du monde occidental comme des pays émergents deviendront de véritables pilotes économiques au travers de partenariats publics et privés.

4. L’économie du XXème s’est construite autour de la notion de maximisation du profit : le système financier mondial s’est bâti autour du postulat que la maximisation des intérêts particuliers des entreprises menait à l’intérêt général. La croissance des inégalités sociales, dans les pays développés, comme dans l’axe Nord-Sud, les pollutions et les dérèglements environnementaux, ont montré que croissance économique et la maximisation seule du profit pouvaient être sources de profonds déséquilibres. Les entreprises du XXIème siècle devront alors concourir à la recherche équilibrée d’intérêts économiques, écologiques et sociaux, dans leur mode de fonctionnement comme dans les produits qu’elles commercialiseront.

5. La société du XXème siècle s’est construite autour de la société de consommation : cependant, les excès d’une société désormais surinvestie par les médias, la publicité et l’argent ont alimenté un sentiment de perte de sens généralisé. Le XXIème siècle se construira alors dans la quête d’une société du bien-être et de formes de spiritualités collectives, alimentées par les associations, les religions, les partis politiques, les femmes, les minorités et le pouvoir citoyen. Dans le monde occidental tout particulièrement, le XXIème siècle verra l’émergence du « citoyen », là où les actes de consommation prendront désormais un véritable sens éthique, écologique et social.

La crise financière de 2008 n’est donc pas qu’une crise de surproduction. Elle est également et surtout une crise de système, car elle remet en question le mode de fonctionnement même de la société moderne. Les excès de la finance mondiale, entraînée par une spirale de déresponsabilités confortables, ont participé à une déshumanisation progressive de l’économie, à tel point que cette dernière a semblé dériver de son objectif initial. A savoir celui de créer de la richesse sociale et de permettre à chacun d’avoir « un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires » (Déclaration Universelle des Droits de l’Homme» (1948).

2009 apparaît alors comme l’année charnière qui fait basculer les citoyens du monde dans une nouvelle époque. Celle d’une société durable.

Société construite autour de la transformation des modes de vie et de la rénovation des relations humaines, dans le cadre d’un projet commun de protection de la planète et de lutte contre le changement climatique.

Version PDF téléchargeable : Vers une société durable

T. MERCIER

Accès au savoir & culture, Europe dans le monde, Libertés au quotidien, Quel rôle pour l'état ?, Rôles de l'entreprise, Travail & vie personnelle

ETRE ENTREPRENEUR EN TEMPS DE CRISE

Mercredi 18 février 2009

Chers amis,

La France sortira de la crise, le jour où les français et les entrepreneurs reprendront confiance dans l’avenir. En attendant, les entreprises et leurs salariés vont devoir adapter leurs comportements à ce nouveau contexte. 

Comment traverser cette période ? Qu’attendre des pouvoirs publics ? 

Pensez Libre vous propose d’écouter l’avis de deux entrepreneurs :

  • Paul Dubrule : Co-Président fondateur du groupe ACCOR
  • Frédéric Bedin : Président de Croissance Plus et directeur général du Public System

 

”  ETRE ENTREPRENEUR EN TEMPS DE CRISE “

 

à l’Hôtel de l’Industrie, 4 place St Germain des Prés, 75006 PARIS à 19H précises le 4 mars  2009.

 

Nous comptons sur votre présence !

 

Amicalement

Stéphane Brabant
Olivier Mousson

Rôles de l'entreprise

Les rôles de l’entreprise du XXIème siècle

Lundi 15 décembre 2008

La crise que nous traversons présente l’atout de nous permettre de faire un arrêt sur image sur la situation économique de la France afin de diagnostiquer les erreurs que nous avons commises ces dernières années.

Des méthodes de management maladroitement empruntées au modèle anglo-saxon et inadaptées à notre pays ont servi de locomotive de croissance mais ont conduit à un libéralisme sauvage et à un mal être généralisé des salariés des entreprises.

La croissance artificielle pour beaucoup d’entreprises par un endettement croissant incontrôlé, la course aux objectifs des trimestres pour garnir les stocks options et les primes exceptionnelles de quelques apparatchiks du système, puis l’explosion d’une bulle incontrôlable nous ont remis devant nos responsabilités d’humain. Tel Sisyphe devant son rocher, nous voilà presque revenu à la case départ  avec comme devoir de repenser un système économique pour les décennies à venir afin que notre génération et les suivantes puissent préserver les acquis que nos aïeux ont mis tant d’efforts à construire.

Nous avons donc une responsabilité : celle de promouvoir un modèle de société envié par le reste du monde.

En effet, la France est attendue tel une aînée au sein de la famille Europe pour montrer la voie à un moment où beaucoup de fondements - sur lesquels notre économie de croissance s’est reposée -  s’effritent.

Il est de notre devoir citoyen d’être force de proposition pour notre avenir et donner des axes de réflexion à nos politiques pour les mener à bien ! Pourquoi ne pas commencer à raisonner enfin en tant que Nation chef de file de l’Europe, elle-même modèle pour les autres continents par les valeurs fortes incubées, fruits de l’héritage de notre longue Histoire millénaire.

Replaçons la création de valeurs économique et social, symbolisée par le dynamisme d’une PME, comme valeurs nobles et donc fondatrice de notre nouvel élan pour notre Nation !

En plaçant la PME comme pivot central de notre pensée économique, nous nous adressons à 99% des entreprises de notre pays, à plus de 2/3 des emplois et plus de la moitié du PIB national !

Mais cela demande une véritable remise en cause dans un pays où le corporatisme est roi, et dans lequel on pense qu’une société « sérieuse », « professionnelle » ne peut être qu’une « grande société avec beaucoup d’actionnaires ».

Pensez Libre nous permet de nous livrer à cet exercice et à réfléchir ensemble à quel serait le modèle de PME dans lequel nous nous sentirions fier de travailler. ‘Feel proud of your work and your company’ fanfaronnent les Américains.

Pour y arriver, nous pourrions par exemple commencer par définir 10 nouvelles idées pour définir un nouveau socle pour cette nouvelle entreprise européenne du 21ème siècle.

Voici quelques axes de réflexions pour lancer le débat :

-       une plus grande souplesse dans l’organisation du travail : le développement des nouveaux médias de communication et surtout l’essor d’Internet permettent de faire travailler un groupe de personnes géographiquement éclaté de manière solidaire. Nous pouvons désormais réfléchir à un mode de mesure du travail du salarié qui ne serait plus en heures travaillées mais en objectif à réaliser. Ainsi, si une personne atteint son objectif dans un contexte autre que celui dans lequel il évolue jusqu’à présent (par exemple, de chez lui 2 jours par semaine et 3 jours par semaine au bureau avec ses collègues), la notion de 35 heures ou 39 heures devient caduques. Seul compte l’objectif trimestriel, semestriel ou annuel fixé conjointement entre le salarié et son patron.

-       un nouveau système de répartition du capital : une entreprise est crée au départ par un capital apporté par des actionnaires. Au fil du temps, ce capital est fructifié par le travail de l’ensemble des salariés. Les salariés devraient donc automatiquement bénéficier d’un pourcentage de la plus value de ce capital. Ce mécanisme, facultatif, n’a été pensé que dans une logique d’intéressement aux bénéfices et non en termes de bonification social, à savoir le statut d’actionnaire dans la société.

-       le financement de l’entreprise par les salariés : à partir du moment où le capital d’une société est ouverte à ses salariés, pourquoi ne pas généraliser le principe d’ouverture d’une partie du capital ou de compte courant d’associés pour financer le besoin en fond de roulement d’une société et donc financer la croissance de l’entreprise par un autre moyen que l’endettement bancaire, très coûteux pour l’entreprise. L’entrepreneur, qui fait aujourd’hui appel à une banque pour un montant de découvert autorisé, et qui peut se voir à tout moment interdire cette ligne de crédit mettant en péril la vie de l’entreprise et de ses salariés, pourrait faire appel à eux pour assurer une partie de la gestion de sa trésorerie. Le salarié verrait son argent rémunéré suivant un taux journalier défini conjointement entre lui et son patron.

-       une ouverture sur l’étranger accrue : au sein d’un programme de développement des échanges économiques entre sociétés européennes, pourquoi ne pas imaginer un programme dans lequel des sociétés d’un même secteur échangerait des collaborateurs pendant quelques semaines par an pour les former aux méthodes de travail locales. Cela favoriserait les échanges commerciaux intra communautaire.

-       le parrainage : les plus anciens salariés ont beaucoup de choses à apprendre aux nouveaux salariés et les nouveaux salariés ont un œil neuf sur la société et donc beaucoup à apprendre aux plus anciens. Pourquoi ne pas définir un programme de parrainage obligatoire dans l’entreprise afin de faciliter l’intégration des équipes, la transmission de savoir et la fluidité de la connaissance.

-       la formation continue : par nature, le chef d’entreprise se préoccupe des salariés qui sont stratégiques pour lui et pas nécessairement de combattre les inégalités. Pourquoi ne pas rendre obligatoire la formation continue pour l’ensemble des salariés.

-       droit individuel à la formation (émancipation personnelle) : beaucoup de salariés dans les pays émergents se forment après leur journée de travail afin de changer d’orientation professionnel après quelques mois ou années dans un domaine d’activité. En France, les salariés qui souhaitent changer d’orientation professionnelle ne sont pas incités à le faire. En créant un droit individuel à la formation par salarié, celui ci pourrait changer de secteur d’activité et se voir déduire une partie de cette formation de ses impôts. Cela permettra également de détendre la fluidité du marché du travail.

-       l’innovation : allouons aux entreprises un budget obligatoire de recherche et développement afin qu’elle soit toujours à la recherche de nouveaux produits et services sur leur marché. Ce budget serait soit alloué directement au sein de l’entreprise soit au travers d’une société marraine ou d’un partenariat avec un établissement de l’enseignement supérieur.

-       la mutualisation des comités d’entreprise : afin que les salariés des petites entreprises puissent accéder aux mêmes services que les salariés des grands groupes, une petite entreprise pourrait accéder au même comité d’entreprise d’une société plus grande qu’elle, d’un même secteur d’activité ou même code APE. En échange, la société plus petite se verrait facturer un tarif forfaitaire pour l’utilisation du comité d’entreprise.

-       le développement des crèches d’entreprises : en Europe, les congés de maternité varient de quelques semaines à quelques mois. Mais, pour la productivité de son salarié, l’entreprise a tout intérêt à s’impliquer dans la politique familiale. En effet, 80% des mères continuent de travailler tout en élevant leurs enfants en bas âge. La crèche d’entreprise résout les problèmes d’absentéisme et rassure les parents ce qui contribue à instaurer un climat positif de travail.

Ces idées ne sont que quelques éléments de réflexions pour mener à bien une réforme profonde du rôle de l’entreprise pour le citoyen du XXI siècle. Nous vous invitons à contribuer à ce blog afin d’y apporter vos idées et que celui-ci serve de plate forme interactive d’échanges.

Et n’oubliez pas : toute idée est bonne à présenter même si elle vous paraît aux primes abords saugrenueou décalée !

Pensez libre !

A très bientôt !

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