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Catégorie : Accès au savoir & culture

Une valeur sûre: l’éducation, mais laquelle ?

Mercredi 10 mars 2010

Chères amies, Chers amis,

Nous vous proposons de nous retrouver le mercredi 24 mars 2010 à 19h30 à l’Hôtel de l’Industrie, 4 place Saint Germain des Prés, Paris 6ème, pour le prochain débat de Pensez Libre sur le thème:

Une valeur sûre: l’éducation, mais laquelle ?

En présence de:

Laurence Hansen-Löve, philosophe

Natacha Polony, écrivain et journaliste

Nous vivons une mutation profonde de notre société: les relations intergénérationnelles se modifient, les cadres et les règles éducatifs ne semblent plus adaptés à la jeunesse, une crise de l’autorité investit tous les lieux où s’exerce l’éducation: la famille, l’école et la société. Un mal être général s’est installé.

A quels fondamentaux éducatifs doit-on désormais éveiller les consciences des jeunes ?

Amicalement

Stéphane Brabant et Olivier Mousson

RSVP obligatoire par mail

Biographies

Laurence Hansen-Löve


Professeur agrégé de philosophie.

Ancienne élève de Vladimir Jankélévitch, a écrit plusieurs articles sur le mal, et sur la violence extrême, notamment pour la revue Esprit et pour la revue Alternatives non violentes.

Editrice (directrice de collection chez Belin et Hatier), auteur de Cours particulier de philosophie (Belin, 2006) et de La philo en dix leçons (Editions «  le webpédagogique », 2909) et co-auteur de Philosophie de A à Z (Hatier, 2000).

A enseigné en terminale, et à Sciences-Po (Paris), enseigne actuellement en classes préparatoires littéraires au lycée Jules Ferry et au lycée Buffon.

Anime actuellement un blog personnel : http://www.hansen-love.com/ et co-anime un blog collectif de préparation à Sciences-Po http://lewebpedagogique.com/prepa-sciences-po/


Natacha Polony


Natacha Polony est journaliste et essayiste. Elle est née en 1975. Elle est agrégée de Lettres modernes et ancienne élève de Sciences Po Paris.

Elle a enseigné en lycée avant de devenir journaliste, spécialisée sur les questions d’éducation. Elle enseigne toujours la culture générale au Pôle Universitaire Léonard de Vinci.

Elle est l’auteur de Nos Enfants gâchés ; Petit traité sur la fracture générationnelle (éd. Jean-Claude Lattès, mars 2005) et de M. le Président, si vous osiez : 15 mesures pour sauver l’école (Mille et une nuits, mars 2007). Elle est lauréate de la Bourse Cioran 2006. Son dernier livre, L’Homme est l’avenir de la femme (éd. Jean-Claude Lattès, janvier 2008) a obtenu le prix Louis Pauwels 2008.

Anime actuellement un blog : http://blog.lefigaro.fr/education/natacha-polony.html

Accès au savoir & culture

Vers une société durable

Lundi 6 avril 2009

Crise de 2008, crise de siècle

L’automne 2008 a été pour le moins animé sur les Bourses mondiales.

Dans la continuité d’une chute entamée depuis mi-2007, le système financier mondial a connu un éclatement majeur au dernier trimestre 2008. Depuis quelques temps déjà, les prix de l’immobilier, des matières premières et des denrées agricoles atteignaient des sommets, annonciateurs d’une profonde crise de surproduction et de spéculation.

Suite à la crise des crédits hypothécaires, l’éclatement de la dette des ménages américains a eu des répercussion en chaîne dans l’ensemble des pays et des secteurs mondiaux. A tel point que le risque systémique d’effondrement du système financier international a été à plusieurs reprises envisagé.

De la faillite de Lehman Brothers aux prises de contrôle de l’état américain sur les organismes Fannie, Mae et Freddie Mac, en passant par la recapitalisation en masse des banques européennes, le système financier mondial a connu une période de déstabilisation majeure, comparable à la grande crise de 1929.

Récession ? Dépression ?

Chaque économiste, chaque politique, chaque citoyen cherche à définir et comprendre cette crise dont personne ne parvient réellement à cerner les contours ni les responsabilités. Traumatisées par le spectre de la dépression économique des années 1930 et par le terrible conflit mondial qui en est sorti, les économies du monde entier ont toutes lancé des plans de relance publics et privés, afin de soutenir la consommation et l’investissement et tenter d’éviter une spirale déflationniste globale. Plan de relance américain de 800 milliards de dollars, initiatives publiques européennes de 1,5% du PIB, les Etats sont massivement intervenus sur les marchés pour soutenir les banques, les investissements des entreprises et la consommation des ménages.

Au-delà d’une de la nécessaire dynamique de plans de sauvetage à court-terme, une question centrale demeure cependant : qui est responsable ? que doit-on changer ?

Une réponse un peu vague entrée dans le langage courant est du type « tout le monde et personne à la fois ». « Tout le monde » car cette crise est la résultante de l’effondrement d’un système global, prévisible depuis plusieurs décennies, et « personne » parce que personne n’avait intérêt à le remettre en cause.

Au cours de l’année 2008, les cours boursiers mondiaux ont chuté de 50% dans le sillage de l’éclatement simultané des bulles des matières premières, du secteur immobilier et des denrées agricoles.

Cependant, si les mécanismes de la crise de 2008 sont bien ceux d’une crise de surproduction et de spéculation, de surévaluation de la demande et des prix, les causes fondamentales en semblent cependant bien plus profondes.

Les causes de la crise de 2008 semblent en effet se trouver au cœur-même des piliers qui ont construit le capitalisme financier du XXème siècle.

Si le XXème siècle a permis la reconstruction occidentale et des accès réels à une société de confort, la crise financière de 2008 semble confirmer que, depuis quelques décennies, le système économique et politique mondial reposait sur des déséquilibres structurels, qui rendaient cette crise inévitable.

Le XXIème siècle a fait une entrée fracassante dans notre quotidien avec les terribles attentats du 11 septembre 2001 contre les tours du World Trade Center. Ces mêmes attentats ayant été suivis de la guerre en Irak, de l’arrivée de nouvelles puissances sur la scène géopolitique mondiale et de la crise financière de 2008.

Ces signaux mettent en lumière un profond changement d’époque, un changement des équilibres politiques, économiques, écologiques et sociaux. Le XXème siècle a connu une forte dynamique économique et commerciale, basée sur cinq piliers de croissance, mais qui sont aujourd’hui dépassés.

1. La croissance économique du XXème siècle a été fondée sur l’économie du pétrole : elle est aujourd’hui remise en cause par l’épuisement progressif des ressources fossiles et par les dérèglements climatiques causés par l’activité industrielle humaine.

Le Protocole de Kyoto donne depuis 1997 un cadre de coopération internationale dans la lutte contre le changement climatique : afin de limiter l’augmentation de la température terrestre à 2-3 degrés d’ici 2100, le XXIème siècle met en place une dynamique de ressources chères et d’énergies propres. La crise de 2008 révèle une profonde crise de transition énergétique, au sens où elle place les nations du monde entier dans un contexte de pénurie de ressources et de recherche de nouveaux modèles de croissance verte, autour d’une économie décarbonée.

2. Le système géopolitique du XXème siècle a été structuré autour du leadership des Etats-Unis : il semble aujourd’hui en voie d’une recomposition multipolaire, constituée autour de nouvelles lignes de forces, marquées par la montée en puissance des économies émergentes comme le Brésil ou l’Inde, et le retour sur la scène internationale d’acteurs majeurs comme la Chine, la Russie et le Moyen-Orient. Ce nouvel ordre mondial sera source de tensions énergétiques et gépolitiques, mais aussi d’opportunités de coopération dans la lutte contre le changement climatique.

3. L’économie du XXème siècle s’est structurée dans un processus de dérégulation constante, à tel point que les Etats ont été nettement dépossédés de leur pouvoir économique. Le XXIème siècle verra sans doute un retour partiel de politiques économiques publiques plus volontaires, où les Etats du monde occidental comme des pays émergents deviendront de véritables pilotes économiques au travers de partenariats publics et privés.

4. L’économie du XXème s’est construite autour de la notion de maximisation du profit : le système financier mondial s’est bâti autour du postulat que la maximisation des intérêts particuliers des entreprises menait à l’intérêt général. La croissance des inégalités sociales, dans les pays développés, comme dans l’axe Nord-Sud, les pollutions et les dérèglements environnementaux, ont montré que croissance économique et la maximisation seule du profit pouvaient être sources de profonds déséquilibres. Les entreprises du XXIème siècle devront alors concourir à la recherche équilibrée d’intérêts économiques, écologiques et sociaux, dans leur mode de fonctionnement comme dans les produits qu’elles commercialiseront.

5. La société du XXème siècle s’est construite autour de la société de consommation : cependant, les excès d’une société désormais surinvestie par les médias, la publicité et l’argent ont alimenté un sentiment de perte de sens généralisé. Le XXIème siècle se construira alors dans la quête d’une société du bien-être et de formes de spiritualités collectives, alimentées par les associations, les religions, les partis politiques, les femmes, les minorités et le pouvoir citoyen. Dans le monde occidental tout particulièrement, le XXIème siècle verra l’émergence du « citoyen », là où les actes de consommation prendront désormais un véritable sens éthique, écologique et social.

La crise financière de 2008 n’est donc pas qu’une crise de surproduction. Elle est également et surtout une crise de système, car elle remet en question le mode de fonctionnement même de la société moderne. Les excès de la finance mondiale, entraînée par une spirale de déresponsabilités confortables, ont participé à une déshumanisation progressive de l’économie, à tel point que cette dernière a semblé dériver de son objectif initial. A savoir celui de créer de la richesse sociale et de permettre à chacun d’avoir « un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires » (Déclaration Universelle des Droits de l’Homme» (1948).

2009 apparaît alors comme l’année charnière qui fait basculer les citoyens du monde dans une nouvelle époque. Celle d’une société durable.

Société construite autour de la transformation des modes de vie et de la rénovation des relations humaines, dans le cadre d’un projet commun de protection de la planète et de lutte contre le changement climatique.

Version PDF téléchargeable : Vers une société durable

T. MERCIER

Accès au savoir & culture, Europe dans le monde, Libertés au quotidien, Quel rôle pour l'état ?, Rôles de l'entreprise, Travail & vie personnelle

L’Art est notre avenir, alors comment aider l’art ?

Samedi 17 janvier 2009

 

Intérieur design d'un avion conçu par l'artiste allemand Till Nowak pour SCHOTT AG

Intérieur design d'un avion conçu par l'artiste allemand Till Nowak pour SCHOTT AG

Nous sommes dans un moment crucial de notre histoire (crise économique, financière, écologique…).  Nous  entrons dans une période de récession, de réduction des dépenses jugées non prioritaires. Vous pouvez vous dire, que l’art c’est futile, secondaire et que nos hommes politiques ont « d’autres chats à fouetter » que de s’occuper d’art.

 

J’ai envie de vous répondre, que jamais nous n’avons eu autant besoin de l’art.

D’abord c’est bon pour le moral et nous en avons besoin. Ensuite, parce que dans notre société en pleine transition, nous avons besoin de comprendre notre passé, de repenser notre futur et surtout d’imaginer de nouvelles solutions.

Nous avons besoin de créatifs, d’explorateurs  des possibles, d’entrepreneurs visionnaires, capables de relever les défis. Et comme l’art est à la fois une source d’inspiration et le meilleur moyen de stimuler notre potentiel créatif, il est par conséquent vital que l’Etat soutienne l’art et crée les conditions favorables à sa promotion et sa diffusion. Il doit favoriser un climat propice à la création, et  garantir  la liberté d’expression. Nos hommes politiques ont donc intérêt à  intégrer l’art dans leurs prochains projets politiques.

 

Quelles sont les solutions pour promouvoir l’art ?

En  voici quelques-unes :

 

Faciliter son apprentissage dès l’enfance

Le meilleur moyen d’initier l’homme à l’art, c’est de commencer dès la prime enfance. Cela commence à l’école et pas seulement par l’enseignement mais aussi par la découverte.

On peut et on doit sortir les conservatoires de leurs murs pour aller à la rencontre des enfants au sein de l’école et faciliter l’enseignement de la musique, de la danse et du théatre.

Nous pouvons faire de l’école un lieu de rencontre avec les artistes.  Les peintres, les sculpteurs pourraient y faire des expositions, parler de leur démarche et de leur expérience. On peut également imaginer des auteurs venant présenter leurs oeuvres et animer des classes d’écriture, des acteurs faire des représentations. Les étudiants musiciens pourraient faire des concerts et avoir ainsi l’opportunité de s’exercer à jouer en public tout en initiant les enfants. De nombreuses disciplines artistiques sont tout autant concernées.

 

Le Promouvoir  par la télévision et internet

La Promotion de l’art par la télévision rentre tout à fait dans cadre de la mission du service public, à savoir, avoir une démarche à la fois éducative et informative. Cela veut dire proposer plus d’émissions sur l’histoire des arts, sur les artistes contemporains et montrer les tendances à venir, tant en matière de musique, de design que d’architecture, la liste n’est pas exhaustive.

La production des différentes émissions pourraient se faire en collaboration, avec les musées, des galeries, des salles de spectacle, en France et même à l’étranger, afin de stimuler la création et de faciliter les financements.

Le service public n’a pas à présenter des émissions à tout prix promotionnelles, il peut se se permettre d’offrir au public la possibilité de découvrir des choses auxquel il n’est pas à priori ouvert. Je pense notamment aux films en noir et blanc qui ne passent plus sur le petit écran sous le prétexte que les plus jeunes ne les aiment pas, alors que c’est une question d’habitude et qu’ils perdent beaucoup à ne pas les voir.

Internet est une mine inépuisable de données en tout genres, tant comme banque de données que de lieu  de communication mondiale. Il permet d’enrichir les  interactions, de créer de l’émulation et de stimuler la créativité.  Certains artistes explorent les nouvelles formes d’expression artistique à l’aide de nouveaux médias et de technologies numériques. Même ceux qui optent pour des disciplines plus traditionnelles y font souvent appel pour diffuser leurs œuvres. Internet est donc le terrain idéal pour l’innovation artistique.

Dans cette optique, le développement du haut débit, du numérique et la formation en informatique sont fondamentaux.

 

Institut Hongrois

 

Faciliter son intégration  dans la ville

Il serait intéressant de mieux intégrer l’art dans la ville, en insérant l’artiste dans le tissu social et en rapprochant la population de l’oeuvre d’art.

Au même titre que l’on prévoit des commerces et des logements dans les plans d’urbanisme, on devrait réserver des zones pour des ateliers, des résidences pour artistes.

On peut prévoir dans la conception de pleins lieux de vie comme les entreprises, des espaces d’exposition (hall d’entrée, cafétéria…). Ainsi les artistes pourraient  trouver plus facilement des espaces pour créer et pour exposer.

On pourrrait multiplier les oeuvres d’art  sur les espaces extérieurs comme cela se fait déjà souvent au Luxembourg ou en Allemagne. Pourquoi pas utiliser l’adoption de sculptures comme cela s’est fait dans le parc de Versailles.

Les partenariats entre collectivités locales, les entreprises et les artistes sont à encourager. Il y a des exemples réussis comme celui de Véolia à Nice où des artistes ont conçu les décorations de ses bus. Chaque ligne de bus est différenciée par une couleur et un thème ou bien le projet  « ville d’art et d’artistes » lancé à Lille en 2007.

 

Le rapprocher du  monde des affaires

L ‘Etat et les collectivités locales doivent continuer à soutenir l’art, mais ils auront de plus en plus de mal à le financer seuls. Il est par conséquent nécessaire de soutenir cet engagement  mais également de mettre en place des mécanismes qui favorisent les financements privés notamment par les entreprises. Voici quelques propositions  :

  • Rôle actif des chambres de commerce dans le rapprochement entre le milieu des affaires et celui de l’art. Comme par exemple, la mise sur pied d’ateliers de créativité pour les entreprises avec des artistes, la sensibilisation des entreprises sur les besoins d’organismes culturels et les retombées économiques, l’encouragement des entreprises à organiser des évènements artistiques dans leurs murs, la création de prix  pour récompenser et mieux faire connaitre au grand public, les entreprises performantes en matière de mécénat et de partenariat, la pratique de réseautage entre les entreprises et le milieu culturel.
     
  • Création d’un organisme dont la mission serait  de mettre en relation  l’Etat, des fondations publiques et privées, des associations, des entreprises, le Medef,  des institutionnels et des collectionneurs,  qui agirait en tant que forum de réflexion et d’actions, et qui jouerait un rôle de réseautage et de mise en commun des ressources sur des projets artistiques.
     
  • Regroupement des organismes culturels pour des fins de collecte de fonds et pour donner plus de visibilité aux petites structures,
     
  • Mise en place de nouvelles mesures fiscales destinées à favoriser le financement privé de l’art

 

Développer ses relations avec les  sciences exactes et les sciences humaines

De nombreux artistes s’intéressent à la programmation informatique, à l’intelligence artificielle, et aux défis de notre temps. La science fait de plus en plus appel à la visualisation graphique, à la capacité prospective d’artistes et d’écrivains. C’est pourquoi, il est indispensable de favoriser les lieux de rencontres et de dialogue entre scientifiques, économistes, sociologues et artistes, et de promouvoir les laboratoires interdisciplinaires et la coopération universitaire, en France et à l’étranger. Cela créera ainsi une dynamique entre production artistique, recherche et développement et innovation industrielle.

 

Rentrons dans l’ère de l’imagination et créons notre avenir.

 

Sophie Saudrais

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