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Une valeur sûre: l’éducation, mais laquelle ?

Chères amies, Chers amis,

Nous vous proposons de nous retrouver le mercredi 24 mars 2010 à 19h30 à l’Hôtel de l’Industrie, 4 place Saint Germain des Prés, Paris 6ème, pour le prochain débat de Pensez Libre sur le thème:

Une valeur sûre: l’éducation, mais laquelle ?

En présence de:

Laurence Hansen-Löve, philosophe

Natacha Polony, écrivain et journaliste

Marie Ange Henry, professeur de lettres pendant 15 ans, proviseur du Lycée Jules Ferry jusqu’en 2008

Nous vivons une mutation profonde de notre société: les relations intergénérationnelles se modifient, les cadres et les règles éducatifs ne semblent plus adaptés à la jeunesse, une crise de l’autorité investit tous les lieux où s’exerce l’éducation: la famille, l’école et la société. Un mal être général s’est installé.

A quels fondamentaux éducatifs doit-on désormais éveiller les consciences des jeunes ?

Amicalement

Stéphane Brabant et Olivier Mousson

RSVP obligatoire par mail

Biographies

Laurence Hansen-Löve


Professeur agrégé de philosophie.

Ancienne élève de Vladimir Jankélévitch, a écrit plusieurs articles sur le mal, et sur la violence extrême, notamment pour la revue Esprit et pour la revue Alternatives non violentes.

Editrice (directrice de collection chez Belin et Hatier), auteur de Cours particulier de philosophie (Belin, 2006) et de La philo en dix leçons (Editions «  le webpédagogique », 2909) et co-auteur de Philosophie de A à Z (Hatier, 2000).

A enseigné en terminale, et à Sciences-Po (Paris), enseigne actuellement en classes préparatoires littéraires au lycée Jules Ferry et au lycée Buffon.

Anime actuellement un blog personnel : http://www.hansen-love.com/ et co-anime un blog collectif de préparation à Sciences-Po http://lewebpedagogique.com/prepa-sciences-po/


Natacha Polony


Natacha Polony est journaliste et essayiste. Elle est née en 1975. Elle est agrégée de Lettres modernes et ancienne élève de Sciences Po Paris.

Elle a enseigné en lycée avant de devenir journaliste, spécialisée sur les questions d’éducation. Elle enseigne toujours la culture générale au Pôle Universitaire Léonard de Vinci.

Elle est l’auteur de Nos Enfants gâchés ; Petit traité sur la fracture générationnelle (éd. Jean-Claude Lattès, mars 2005) et de M. le Président, si vous osiez : 15 mesures pour sauver l’école (Mille et une nuits, mars 2007). Elle est lauréate de la Bourse Cioran 2006. Son dernier livre, L’Homme est l’avenir de la femme (éd. Jean-Claude Lattès, janvier 2008) a obtenu le prix Louis Pauwels 2008.

Anime actuellement un blog : http://blog.lefigaro.fr/education/natacha-polony.html


Marie Ange Henry


Professeur de lettres pendant 15 ans, dans divers établissements- collèges et lycées de l’Académie de Versailles. Puis Chef d’établissement-Principale, puis Proviseur dans les académies de Créteil, Versailles et Paris. A terminé sa carrière  au lycée Jules Ferry à Paris.


Responsable syndicale en Essonne puis à Paris : secrétaire académique du Syndicat  National des Personnels de Direction de l’Académie de Paris.


Accès au savoir & culture

  1. del boca
    Jeudi 25 mars 2010 à 02:49 | #1

    Le débat organisé par Pensez libre a eu le mérite de décrire la situation du monde de l’enseignement.

    Qu’a-t-on pu constater ?

    Indéniablement, une situation grave : des faits décrits, on constate des retards en classe non justifiés et non sanctionnés, des élèves qui arrivent souvent endormis et peu réceptifs, souvent victimes de trop d’assiduité à leur écran de télévision ou à la drogue. Incontestablement des incivilités, doublées par le fait que les familles peu respectueuses du monde des enseignants soutiennent ouvertement leurs petits face à l’école. Les connaissances des professeurs sont comparées avec celles fournies par internet.

    Enseignants et ex directeur paraissent assez découragés et peu optimistes.

    L’enjeu est de taille car l’avenir de notre société repose sur les générations futures et peut être faudrait il s’interroger à l’heure d’une hypothétique réforme des retraites si les adultes de demain seront en état de travailler et de répondre aux défis du monde à venir ?

    Comment s’explique cette situation ?

    L’autorité a perdu tout prestige. On peut dire que la démocratie repose sur un principe d’égalité et que cette égalité est réelle dès la naissance, sans tenir compte de ce qui peut être acquis ultérieurement. Reprend-on la distinction entre droit naturel et droits acquis ? Aujourd’hui, on laisserait l’emporter le droit naturel.

    Indépendamment de cette constatation, quitte à ne pas plaire à tout le monde, la racine du mal n’est- elle pas dans les choix de société que l’on a faits au nom de la liberté ?

    Un enfant a besoin de stabilité et d’être rassuré par la présence auprès de lui d’un père et d’une mère. Or, pour des raisons multiples, beaucoup de couples ne survivent pas.

    On peut se poser la question : un couple qui cesse d’exister, c’est aussi un père et une mère qui cessent de s’assumer en tant qu’entité pour un enfant. Cela explique que l’idée du père et de l’autorité ait disparu depuis l’enfance. Il ne s’agit pas là de faire le procès des uns et des autres, mais de s’interroger sur le fait que la famille, avec ses défauts et ses qualité ait reculé avec son image traditionnelle pour être remplacée par des situations qui peuvent être sympathiques, mais qui sont difficiles pour les enfants, même lorsqu’elles sont bien vécues en apparence. On pourrait multiplier les exemples.

    Assez justement, on a rappelé qu’un enfant devait faire évoluer ses cinq sens. Or, la télévision et la solitude de l’enfant trop souvent livré à lui-même, ne lui permettent que de développer la vue et l’ouie.

    Les autres sens de l’enfant sont peu favorisés.

    Là encore, il ne s’agit pas de désigner du doigt les mères débordées et seules qui n’ont guère le temps d’être attentives à leurs bambins ou au père vivant ailleurs qui sort le gamin un week end sur deux, mais un fait est certain, l’impératif des adultes d’aujourd’hui consiste à gagner de l’argent, en oubliant parfois que l’amour et la tendresse sont plus importants pour l’enfant qu’un billet de cinq euros.

    Dans le fond, est-on prêt à se remettre en cause pour le bien des enfants que nous avons voulus ?

    Le paradoxe, c’est que dans cette société qui s’assure pour tout, qui réfléchit à tout, qui exige des diplômes pour tout, qui fixe des règles à en pâlir d’effroi, la responsabilité qui est la plus lourde de conséquence – à savoir celle qui consiste à élever un enfant – se fait sans condition ! Il n’y a pas de permis pour devenir parent !

    A en juger par la situation décrite ce soir, avec pudeur et réserve, on sait qu’on doit appeler les familles à réfléchir sur ce qui peut à leur niveau changer. Il y va de leur responsabilité de parents, il y va de leur responsabilité en tant que citoyen, membre d’une société.

    Le corps enseignant, lui aussi, doit se remettre en cause car, sans doute n’a t –il pas compris à un moment donné que son rôle n’était plus simplement d’enseigner, c’est-à-dire de transmettre un savoir, mais que même dans l’enseignement public, l fallait aussi contribuer à l’éducation. Et pourtant, les couples souvent détruits, les femmes travaillant, ce n’est pas le petit écran de télévision ou d’ordinateur qui peut éduquer, c’est-à-dire rappeler des règles qui permettent de vivre ensemble dans notre société.

    Indéniablement, les réformes si intéressantes qu’elles puissent être ne résoudront pas les problèmes dans leur globalité. On peut espérer que établissement par établissement, des directeurs éclairés se passionnent pour leur mission et coordonnant une équipe de collaborateurs impliqués, dans le cadre d’une autonomie plus grande, parviennent à faire évoluer les mentalités et à favoriser une reprise en main des enfants, un meilleur dialogue avec les familles.

    Les solutions comme les internats, sont des palliatifs à une situation en déliquescence.

    Et peut être pourrait on favoriser dans les médias des campagnes de presse qui redonnent aux professions liées au savoir leur juste place, une considération authentique. L’argent n’est vraiment pas la mesure de chaque être humain. La réussite repose sur le savoir, l’honnêteté, l’intelligence ouverte…

    Le but suprême de l’enseignement et de l’éducation n’est-il pas de faire de chacun un « honnête homme », un humaniste ?

    Les questions à débattre sont immenses, mais au risque de se répéter, l’avenir des générations à venir en dépend.

  2. Jeudi 25 mars 2010 à 19:29 | #2

    Bon débat, vaste sujet, merci aux intervenants pour leur éclairage.

    Le débat est resté très tourné vers l’E.N. Un peu trop à mon sens.
    Il est vrai que le premier poste de dépense du Budget de l’Etat mérite toute notre considération.
    Pour faire court, je vote POUR le retour de l’estrade en classe ! (on est vraiment tombé bien bas)

    En premier lieu, il me semble qu’il existe une corrélation entre notre société qui accepte de creuser ses déficits (elle creuse sa tombe) et l’abandon des devoirs.
    Pas les devoirs à l’école.
    Les devoirs comme corolaire des droits dans le cadre d’une vie partagée dans une communauté qui se veut Démocratique.
    Comme cela a été justement dit, pour désobéir il faut d’abord savoir obéir.
    Et si le droit naturel s’est substitué au droit acquis, c’est encore un abandon funeste.

    Ensuite, je suis tenté de dire que l’éducation, c’est donner l’exemple.
    Et l’exemple donné par notre société, c’est par exemple, aujourd’hui, pas seulement la TV qui est un médium et plutôt un miroir, c’est . . . un Président de la République qui lance un « casse toi pov’con ».
    A 11 ans, mes élèves ont très bien compris que la fonction suprême . . . n’a rien de suprême !
    C’est un gentil employé qui joue avec l’argent de sa banque, fait perdre 5 milliards (combien de zéros ?!), mais son patron conserve son bonus. Allez comprendre.
    Et j’en passe. C’est tarte à la crème tous les jours. Il suffit de lire le journal.

    Enfin, ce qui me frappe, c’est l’enchevêtrement des causes et des conséquences.
    Ce ne sont pas les parents qui sont responsables à eux seuls, ni les enseignants à eux seuls, ni l’institution qui elle-même n’est qu’une conséquence.
    Le retour historique a permis de donner un peu de perspective, mais il n’offre pas une solution.
    Ce qui apparait donc, c’est que l’Education est le « lieu » où mieux qu’ailleurs les conséquences des évolutions de la société sont visibles.
    Bien sur, il y a aussi la fonte des glaces et les ours menacés sur leur banquise, mais c’est abstrait quand on habite à Paris.
    Le gamin qui prends une barre de fer ou un couteau pour s’expliquer avec son professeur, c’est plus parlant.
    Et les causes de l’état des lieux dégradé, voire déplorable, sinon inquiétant, sont multiples et complexes.

    La solution, encore faudrait-il s’entendre sur quelle solution, chacun ayant sans doute sa vision des choses, n’existe probablement pas.
    Par contre, un débat comme celui d’hier est une bénédiction.
    C’est l’occasion d’approfondir une prise de conscience et de partager. Serait-ce un début de solution ?

    François

  3. del boca
    Mercredi 31 mars 2010 à 18:50 | #3

    Un sujet a été abordé indirectement lors du débat sur l’enseignement et l’éducation ; l’expérience largement médiatisée par la télévision. Des hommes et des femmes sont appelés à envoyer des décharges électriques à un être humain. L’immense majorité s’incline et exécute l’ordre reçu qui peut avoir pour conséquence de tuer la personne qui les reçoit.

    Cette expérience menée au sein d’universités américaines dans les années 70 avait été reprise dans le film I comme Icare. Elle avait à l’époque déjà interpellé nombre de personnes.

    Ainsi, face à une autorité un être humain peut accepter d’obéir sans réticence, sans révolte. A partir de là, on comprend que les nazis dans les camps de concentration – même choqués – ne se sont pas révoltés ! Cette expérience démontre que savoir dire non est une qualité rare.

    Sommes-nous tous des assassins en puissance ?

    Les enfants et les adolescents disent non en ne venant pas à l’école : faut-il s’en réjouir ? Certes pas, car s’ils ne disent pas oui à l’éducateur, ils disent oui à autre chose, à une autre autorité. Et c’est la que réside la difficulté ? L’influence du groupe l’emporte souvent sur les parents, les médias sur les professeurs.

    Comment faire prévaloir une « bonne autorité » ? Quelle est-elle ?
    Comment la déterminer ?

    Et là, nous entrons même de façon simpliste ou schématique au cœur du problème.

    Comment ce glissement s’est-il effectué ?

    Influence des médias, absence des parents. Indéniablement, il faut s’interroger, car de cette réponse dépend peut être la proposition de solutions.

    La bonne nouvelle, c’est que partout, où à quelque niveau que ce soit des êtres humains ayant du charisme, la Foi dans ce à quoi ils croyaient –peu importe le domaine- parviennent encore à convaincre.

    Robert Kennedy aimait dire « il y a des gens qui voient le monde tel qu’il est et qui disent ; pourquoi, il y a ceux qui voient le monde tel qu’ils devraient être et qui disent : pourquoi ; pas ? » A nous d’appartenir à cette seconde catégorie.

  4. del boca
    Mercredi 31 mars 2010 à 18:52 | #4

    Francois :
    Bon débat, vaste sujet, merci aux intervenants pour leur éclairage.
    Le débat est resté très tourné vers l’E.N. Un peu trop à mon sens.
    Il est vrai que le premier poste de dépense du Budget de l’Etat mérite toute notre considération.
    Pour faire court, je vote POUR le retour de l’estrade en classe ! (on est vraiment tombé bien bas)
    En premier lieu, il me semble qu’il existe une corrélation entre notre société qui accepte de creuser ses déficits (elle creuse sa tombe) et l’abandon des devoirs.
    Pas les devoirs à l’école.
    Les devoirs comme corolaire des droits dans le cadre d’une vie partagée dans une communauté qui se veut Démocratique.
    Comme cela a été justement dit, pour désobéir il faut d’abord savoir obéir.
    Et si le droit naturel s’est substitué au droit acquis, c’est encore un abandon funeste.
    Ensuite, je suis tenté de dire que l’éducation, c’est donner l’exemple.
    Et l’exemple donné par notre société, c’est par exemple, aujourd’hui, pas seulement la TV qui est un médium et plutôt un miroir, c’est . . . un Président de la République qui lance un « casse toi pov’con ».
    A 11 ans, mes élèves ont très bien compris que la fonction suprême . . . n’a rien de suprême !
    C’est un gentil employé qui joue avec l’argent de sa banque, fait perdre 5 milliards (combien de zéros ?!), mais son patron conserve son bonus. Allez comprendre.
    Et j’en passe. C’est tarte à la crème tous les jours. Il suffit de lire le journal.
    Enfin, ce qui me frappe, c’est l’enchevêtrement des causes et des conséquences.
    Ce ne sont pas les parents qui sont responsables à eux seuls, ni les enseignants à eux seuls, ni l’institution qui elle-même n’est qu’une conséquence.
    Le retour historique a permis de donner un peu de perspective, mais il n’offre pas une solution.
    Ce qui apparait donc, c’est que l’Education est le « lieu » où mieux qu’ailleurs les conséquences des évolutions de la société sont visibles.
    Bien sur, il y a aussi la fonte des glaces et les ours menacés sur leur banquise, mais c’est abstrait quand on habite à Paris.
    Le gamin qui prends une barre de fer ou un couteau pour s’expliquer avec son professeur, c’est plus parlant.
    Et les causes de l’état des lieux dégradé, voire déplorable, sinon inquiétant, sont multiples et complexes.
    La solution, encore faudrait-il s’entendre sur quelle solution, chacun ayant sans doute sa vision des choses, n’existe probablement pas.
    Par contre, un débat comme celui d’hier est une bénédiction.
    C’est l’occasion d’approfondir une prise de conscience et de partager. Serait-ce un début de solution ?
    François

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