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Citoyennes oubliées

plume-libre

L’expression « mère au foyer » est encore une expression tabou, il est difficile de l’aborder sans susciter les préjugés des uns et des autres. Sourires en coin, dédain, jugement réducteur, ou à l’extrême, éloges débordants. Rarement de juste milieu, pour parler de ce statut jugé démodé voire ringard. Pourtant aux vues de l’évolution de la société ne serait-il pas le moment de revoir nos préjugés pour reconsidérer « l’appellation mère au foyer » dans le cadre du travail à la maison.

Pas plus tard que l’autre jour, un mercredi précisément journée des enfants, une mère de famille s’adressant à une autre lui dit :

-« C’est incroyable, je suis plus fatiguée quand je reste à la maison que lorsque je vais au travail » !

Mais c’est quoi le travail !

Dans les milieux  instruits, « être chez soi pour élever ses enfants» est la plupart du temps signe de faiblesses culturelle et intellectuelle que l’ on ne peut pas associer spontanément à un choix cérébral mais plutôt à un choix de cœur. Une intellectuelle ne peut pas trouver son compte en restant chez elle, ses neurones sont à l’abandon, ses diplômes oubliés, sa carrière sacrifiée elle risque même de devenir inintéressante .

Dommage ! parce que justement les neurones de ces pensantes contribuent efficacement à façonner dans l’équilibre le plus naturel qui soit  des citoyens pensants et  bien construits, de  ceux qui posent en général le moins de problèmes psychologiques et sanitaires à la société et savent s’y investir et s’engager avec confiance et efficacité.

Un travail de construction humaine n’est pas reconnu lorsqu’il se fait dans l’ombre de nos maisons, la  priorité de reconnaissance est donnée à celles qui courent vers l’extérieur, même si c’est l’enfer pour elles  de trouver des gardes, éducateurs et animateurs divers pour les remplacer .

La reconnaissance est essentielle pour donner sens à nos actes :

  • reconnaissance par le regard des autres,
  • reconnaissance par le salaire et la retraite
  • reconnaissance dans les médias
  • reconnaissance dans la vie publique
  • reconnaissance  par les facilités de reconversion de travail à l’extérieur de chez soi ou chez soi.

Si la reconnaissance dans l’état actuel de notre civilisation passe par tous ces points on ne s’étonnera pas que les mères préfèrent être des «  guerrières » valorisées plutôt  que des « philosophes » oubliées.

Lorsque l’on sait que c’est la somme des pratiques individuelles qui donne la force collective, le moment n’est-il pas venu de faire changer les choses en les imaginant autrement ?

Laurence Fournet

Travail & vie personnelle ,

  1. Sabine M.
    Lundi 8 décembre 2008 à 18:02 | #1

    Remarques très pertinentes sur la base desquelles nous pourrions avancer quelques propositions majeures sur la reconnaissance du travail à domicile et le télétravail ; définition et reconnaissance d’un statut ; salarié d’entreprise, travailleur indépendant, chargé de famille…

    On peut s’enrichir sous certains aspects d’enseignements européens.

  2. Mercredi 18 février 2009 à 22:39 | #2

    Mille fois d’accord avec ce billet, moi qui, bien qu’ayant fait des études, n’ai pris le parti de travailler que pour des raisons financières. Il ne se passe pas de jour sans que je me dise que mes 5 enfants se trouveraient mieux si j’avais pu rester à la maison.
    Mais c’est pas avec Sarko qu’on peut espérer un meilleur sort pour les mères de famille.
    Vous connaissez pas la dernière : il veut faire passer la grossesse de 9 à 6 mois.

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