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Archives pour 12/2008

Citoyennes oubliées

Lundi 22 décembre 2008

plume-libre

L’expression « mère au foyer » est encore une expression tabou, il est difficile de l’aborder sans susciter les préjugés des uns et des autres. Sourires en coin, dédain, jugement réducteur, ou à l’extrême, éloges débordants. Rarement de juste milieu, pour parler de ce statut jugé démodé voire ringard. Pourtant aux vues de l’évolution de la société ne serait-il pas le moment de revoir nos préjugés pour reconsidérer « l’appellation mère au foyer » dans le cadre du travail à la maison.

Pas plus tard que l’autre jour, un mercredi précisément journée des enfants, une mère de famille s’adressant à une autre lui dit :

-« C’est incroyable, je suis plus fatiguée quand je reste à la maison que lorsque je vais au travail » !

Mais c’est quoi le travail !

Dans les milieux  instruits, « être chez soi pour élever ses enfants» est la plupart du temps signe de faiblesses culturelle et intellectuelle que l’ on ne peut pas associer spontanément à un choix cérébral mais plutôt à un choix de cœur. Une intellectuelle ne peut pas trouver son compte en restant chez elle, ses neurones sont à l’abandon, ses diplômes oubliés, sa carrière sacrifiée elle risque même de devenir inintéressante .

Dommage ! parce que justement les neurones de ces pensantes contribuent efficacement à façonner dans l’équilibre le plus naturel qui soit  des citoyens pensants et  bien construits, de  ceux qui posent en général le moins de problèmes psychologiques et sanitaires à la société et savent s’y investir et s’engager avec confiance et efficacité.

Un travail de construction humaine n’est pas reconnu lorsqu’il se fait dans l’ombre de nos maisons, la  priorité de reconnaissance est donnée à celles qui courent vers l’extérieur, même si c’est l’enfer pour elles  de trouver des gardes, éducateurs et animateurs divers pour les remplacer .

La reconnaissance est essentielle pour donner sens à nos actes :

  • reconnaissance par le regard des autres,
  • reconnaissance par le salaire et la retraite
  • reconnaissance dans les médias
  • reconnaissance dans la vie publique
  • reconnaissance  par les facilités de reconversion de travail à l’extérieur de chez soi ou chez soi.

Si la reconnaissance dans l’état actuel de notre civilisation passe par tous ces points on ne s’étonnera pas que les mères préfèrent être des «  guerrières » valorisées plutôt  que des « philosophes » oubliées.

Lorsque l’on sait que c’est la somme des pratiques individuelles qui donne la force collective, le moment n’est-il pas venu de faire changer les choses en les imaginant autrement ?

Laurence Fournet

Travail & vie personnelle ,

L’Europe : une puissance économique qui compte dans les vingt ans qui viennent

Jeudi 18 décembre 2008

drapeau_de_lunion_europeennePourquoi l’Europe refuse t-elle de devenir une puissance politique et économique majeure ?

Nous avons vu depuis quelques années comment l’Europe refusait de devenir une puissance économique majeure de notre vingt et unième siècle. Deux exemples :

Le rejet par un certain nombre de pays (Danemark, Irlande..) dont parmi les plus importants (France) de la Constitution ou Traité de Lisbonne.  Ce traité contenait les ingrédients de la puissance européenne comme :

  • une présidence forte et stable,
  • une politique économique, étrangère (un homme, un n° de téléphone).

De même dernièrement, nous avons vu à l’occasion de la profonde crise financière et avant la prise en charge du dossier de cette crise par la France et le Royaume Uni combien certains Etats européens égoïstes, « tiraient à hue et à dia » sans aucune coordination des politiques financières …. accentuant d’autant la crise (chute des bourses, désintégration du système bancaire européen, récession économique …).


Quels enjeux pour l’Europe ?

Pour que l’Europe devienne dans les années à venir, une puissance économique mondiale et prospère, il convient qu’elle se dote de leviers qui font cette puissance :

  • une Banque européenne et une monnaie stable et forte. La création de la Banque Centrale Européenne (BCE), l’avènement de l’Euro sont en la matière une réussite. Les questions qui se posent néanmoins et qui n’ont toujours pas trouvé de réponses sont les suivantes :
    • l’Euro fort est-il un instrument de lutte contre l’inflation ou doit-il participer aussi à la politique de croissance et à la création d’emplois ?
    • une monnaie européenne forte doit-elle devenir ou pas une monnaie de réserve à l’échelon mondial (comme le dollar) et si oui, dans quel but ?
  • une politique économique, une politique de croissance européenne. Contrairement aux USA, à la Chine … on regrette que l’Europe reste encore en matière de politique de croissance et de prospérité, un nain économique sans ambition. Depuis près de 30 ans.

Une telle politique de croissance et de prospérité porteuse d’espoir, expliquée aux 220 millions d’Européens réconcilierait à coup sûr, l’Europe avec ses citoyens.

 

Quelques propositions pour une Europe qui compte dans le concert international

Définir une politique de croissance à l’échelon européen suggère que soient décidés et mis en place les éléments suivants :

  • la création d’un super ‘‘ministre des Finances et du Développement Économique européen” qui serait l’interlocuteur des autres grandes puissances mondiales (USA, Japon, Chine …), du FMI : « L’Europe, quel n° de téléphone ? » comme le disait H. Kissinger en son temps.Le ministre européen des Finances et du Développement Économique devra, à l’identique des critères de Maastricht, se fixer les objectifs chiffrés suivants :

2010 2012 2014 2016

Taux de croissance de l’Europe   +2 % +3 % +4 % +5 %

Taux de chômage de l’Europe     +8 % +6 % +5 % +4 %

 

Le non-respect de ces critères devra amener à des politiques économiques correctrices.

 

  • une politique de croissance européenne qui reposerait sur les fondamentaux suivants :
    • une planification à dix ou quinze ans, des investissements à réaliser en Europe pour en faire une puissance économique moderne et compétitive. Le Plan (qui fixe les objectifs, établit les hiérarchies et les urgences comme l’écrivait le général de GAULLE) apporterait les réponses aux questions suivantes :
      • quel approvisionnement énergétique et quelles sources d’énergies renouvelables pour l’Europe à vingt ans ?
      • quelle politique de recherche, d’innovation, de nouvelles technologies, de formation des européens aux nouveaux métiers, process… ?
      • quelle politique industrielle pour l’Europe (espace, atome, transports et infrastructures, défense ….) ?
      • quels groupes ou entreprises à l’échelle européenne pour affronter la concurrence des autres grands leaders mondiaux ?
      • quelle politique agricole et agroalimentaire demain pour assurer l’autosuffisance alimentaire de l’Europe et participer à l’alimentation d’un monde qui a faim ?
    • la création d’un Trésor européen tout de suite au niveau des pays de la zone euro avec la mise en place d’un budget européen. Ce Trésor Européen placé sous la responsabilité du ministre, aurait pour mission de faire contre poids à la BCE et de réfléchir à la mise au point d’une politique de croissance européenne en liaison et cohérence avec chacune des nations de la zone euro mais aussi avec les autres grandes puissances mondiales sous l’égide du FMI.
  • Une politique de grands travaux au service de la croissance financés par le budget européen. Ce budget pourrait recueillir -pour partie- les fonds provenant d’un grand emprunt européen par ailleurs, les fonds provenant d’une taxe sur l’ensemble des capitaux ou échanges interbancaires à l’échelon européen ou de l’Europe vers le monde.
  • Une monnaie, l’euro, au service aussi de la croissance européenne et des entreprises exportatrices ; c’est-à-dire un euro stable et compétitif par rapport au dollar.

 

Synthèse des propositions

  • création d’un ministre européen des Finances et du Développement Économique
  • création d’un Trésor Européen
  • mise en place d’un plan à l’échelle européenne
  • une politique de grands travaux au service de la croissance…
  • … financée sur les fonds d’un budget européen
  • des objectifs chiffrés (comme les critères de Maastricht) en matière de taux de croissance et de chômage d’ici 2015.

Europe dans le monde , , ,

“Travaillez mieux pour vivre mieux”

Mercredi 17 décembre 2008

Le slogan d’hier: “Travaillez plus pour gagner plus”…

Etait-ce une promesse électorale (mais dangereuse)? Une évidence de la vie (mais peu évidente…) ? La reconnaissance que l’Etat ne pourra plus rien pour nous (mais anxyogène voire irréaliste) ?  

Tant de français qui travaillent tant pour simplement survivre, tant de français qui n’ont plus le temps de leur temps, tant de français qui travaillent plus pour que l’Etat gagne plus et dépense plus (et trop souvent mal ). 

Mais aussi tant de français qui même s’ils travaillaient plus n’auraient jamais vraiment plus (plus c’est plus, c’est pas 1 ou 2-3% par an) soit à cause de leurs statuts (professeurs, infirmières etc) soit à cause du poids de charges supplémentaires (garde des enfants pendant le travail supplémentaire) soit à cause du poids des impôts et autres (tous concernés et notamment les artisans mais la liste est sans fin). 

Qui sont les français qui peuvent réellement se dire et constater que le fait de travailler plus les feraient gagner (vraiment)plus ? 

C’était un slogan, un slogan probablement imprudent et de simple circonstance que l’auteur, dans une attitude électoraliste (même si convaincu), a inventé ou simplement répété et, on espère, presque sans vraiment réfléchir (c’est vrai que ça apparaît vrai et que parfois même c’est vrai …). 

Toutefois aujourd’hui des mesures sont prises pour mieux répartir les revenus des entreprises. On veut mieux équilibrer entre l’intéressement en faveur des salariés et les “bonus” pour certains dirigeants. C’est donc “Travaillez plus ensemble et vous gagnerez plus ensemble et (donc ?) chacun”: c’est déjà mieux ! 

Travaillez plus ensemble c’est travailler mieux et pas toujours plus, c’est travaillez avec courage voire même avec un certain bonheur (c’est vrai que c’est parfois dur) et dans la perspective d’une juste répartition des fruits du travail. 

Alors s’il fallait un slogan aujourd’hui, peut-être pourrait-il plutôt être:

“Travailler mieux pour vivre mieux”

Travail & vie personnelle , ,